À l'ÉTS - Toute énergie

L’École de technologie supérieure vient de mettre sur pied sa Chaire de recherche industrielle en technologies de l’énergie et en efficacité énergétique.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir L’École de technologie supérieure vient de mettre sur pied sa Chaire de recherche industrielle en technologies de l’énergie et en efficacité énergétique.

La formation, la conversion, la gestion et l'optimisation sont autant d'axes d'intervention de la Chaire de recherche industrielle en technologies de l'énergie et en efficacité énergétique que vient de lancer l'École de technologie supérieure (ÉTS). Portrait.

La Chaire de recherche industrielle en technologies de l'énergie et en efficacité énergétique (T3E) vise à appuyer les entreprises qui désirent développer de nouvelles technologies liées à la gestion, à la production, à la conversion, à la conservation et à l'optimisation de l'utilisation de l'énergie ou encore améliorer des technologies existantes. Elle vient aussi appuyer des partenaires lorsqu'il s'agit de réaliser des études et des analyses pour le compte de tiers. C'est notamment ce qui est dit dans la documentation remise au Devoir.

Cette chaire, qui compte plusieurs partenaires, dont la Ville de Lévis et la Conférence régionale des élus de la région Chaudière-Appalaches, loge présentement de manière temporaire dans des bureaux d'une entreprise située sur le campus du cégep de Lévis-Lauzon, alors que les activités en laboratoire sont menées à l'ÉTS. Cette chaire compte s'installer à terme à l'Innoparc de la ville de Lévis, un parc technologique.

Concrètement

En entrevue téléphonique, le titulaire de la chaire, le professeur Daniel R. Rousse, précise «que notre chaire est au service de l'industrie et des entreprises qui désirent améliorer, mettre en marché ou amorcer la conception de nouvelles technologies de l'énergie».

Par exemple? «Ça peut concerner une firme qui fabrique des éléments de chauffage, une autre qui désire produire de nouveaux types de panneaux solaires à récupération aéroléique ou encore une entreprise qui fera des fournaises à biomasse.» L'autre volet de la chaire concerne l'efficacité énergétique. «Écoutez, sans se substituer à des firmes de génie-conseil, on peut effectuer des analyses de pointe sur le plan de l'efficacité énergétique. En résumé, on rend des services aux entreprises de deux manières: en améliorant leur technologie de l'énergie ainsi que leur rendement.»

La recherche est aussi au coeur du mandat de la chaire T3E. À ce titre, les axes d'intervention se déclinent en trois volets: le rayonnement (tomographie infrarouge et rayonnement solaire), le stockage (matériaux à changement de phase ou stockage dit «latent») et le secteur des biocombustibles (biogaz, biocarburants et biomasse).

Bien en marche

Quant à l'équipe et à la formation dispensée par la chaire, tout cela prendre forme, note le professeur Rousse. «En ce qui concerne les matériaux à changement de phase, j'ai une étudiante qui va commencer un doctorat à l'automne. En tomographie, j'ai un étudiant qui commence un doctorat à l'automne, et, dans le secteur des biocombustibles, j'ai deux stagiaires qui ont obtenu des bourses du CRSNG [Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada]. Ces étudiants vont faire d'ailleurs deux stages, c'est-à-dire cet été et l'automne prochain. Donc, la chaire est en train de se mettre en place. On devrait être une équipe constituée de huit personnes à l'automne 2010 et notre objectif est d'atteindre 25 personnes en 2014.»

Est-ce que l'aspect international intéresse la chaire T3E? «Absolument!, répond M. Rousse. Je suis justement en train de préparer une demande de subvention qui devrait être déposée l'automne prochain. C'est un projet qui fera interagir la Catalogne, la France, la Suisse et le Québec.»

Seulement, des embûches pourraient se dresser sur le chemin de cette chaire, admet-il. En clair, les impératifs de la recherche pure et dure risquent de se confronter, dans une certaine mesure, aux impératifs et aux attentes des acteurs politiques et économiques de la région sur le plan des retombées. «Dans un campus universitaire, les gens font de la recherche pour accroître la connaissance. Et, parfois, il arrive qu'on tente une expérience ou un concept qui ne fonctionne pas. Or, quand on est aussi au service d'une région [Chaudière-Appalaches] ou d'une industrie et des entreprises, on ne peut pas échouer, autrement dit, il faut que ça marche [...]. Vous savez, il y a des jours où je m'adresse à des industriels; je mets alors un costume sombre, une chemise blanche et une cravate assortie. Et quand je suis avec mes collègues professeurs, je laisse tomber la veste et ainsi de suite. C'est la beauté de tout cela, je dois "surfer'' sur deux vagues en même temps», conclut-il avec un brin d'humour.

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Collaborateur du Devoir