Courchesne enfonce le clou dans le cercueil de McGill

La ministre de l'Éducation a enfoncé le clou dans le cercueil de l'Université McGill, hier, en réitérant son intention de la pénaliser d'un montant de 28 000 $ par étudiant inscrit au MBA. Michelle Courchesne ne croit pas qu'il est juste de continuer à accorder des subventions à un programme qui bafouera désormais les règles budgétaires du gouvernement en facturant désormais 30 000 $ à chacun. «Pourquoi les Québécois devraient-ils accepter qu'on donne le même montant [à l'Université McGill] alors qu'elle exige 30 000 $ par étudiant? Je ne pense pas que c'est un bon usage des fonds publics», a-t-elle répondu à des journalistes à la sortie de la Chambre des communes.

Cette attitude intransigeante de la ministre fait écho à celle de l'Université McGill, qui n'a montré jusqu'ici aucune volonté de faire marche arrière. «McGill est parfaitement au courant depuis le début», a rappelé Mme Courchesne.

L'argument de compétitivité invoqué par la direction de l'université pour augmenter de 1600 % les droits de scolarité de ce programme ne tient pas la route, selon la ministre. «McGill dit qu'exiger 30 000 $ va lui permettre d'augmenter sa qualité d'enseignement et de se comparer à d'autres universités au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Je ne peux pas accepter cet argument, car on a d'excellentes écoles, HEC, John Molson, ici même à l'Université Laval. Ces universités donnent un enseignement de qualité en respectant les droits de scolarité fixés par le gouvernement», a-t-elle soutenu.

Pour sa part, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) salue la décision de la ministre de l'Éducation de pénaliser l'élève rebelle. «McGill, par son manque de respect envers les choix des Québécois quant à l'accessibilité aux études postsecondaires, aura effectivement créé un effet domino: celui de passer un message clair à toutes les universités que cette situation ne sera pas tolérée», a indiqué le président de la FEUQ, Jean Grégoire, par voie de communiqué.

L'Association des étudiants et étudiantes des 2e et 3e cycles de l'Université McGill s'oppose aussi à la hausse des frais du MBA, mais reconnaît que ce choix est un cri du coeur institutionnel quant à la situation financière actuelle des universités.
5 commentaires
  • genxMolloy - Inscrit 21 avril 2010 08 h 40

    Erreur de madame Courchesne

    Il n'est pas nouveau qu'une Université charge le gros montant pour une maitrise. HEC et Concordia le font depuis des dixaine d'année avec leurs programme MBA executifs. Il ne réclame toute fois aucun montant du gouvernement pour ces élèves en particulier, alors madame Courchesne devrait tout d'abors voir quelle était l'intention de McGill avant de tacher leurs réutation de telle sorte...

  • Roland Berger - Inscrit 21 avril 2010 09 h 04

    Poudre aux yeux ?

    Qui connaît le gouvernement libéral conservateur de Jean Charest se demande déjà comment ce dernier permettra à McGill d'agir à sa guise tout en ayant l'air de pénaliser cette institution hautement subventionnée. L'avenir nous le dira.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Yves Archambault - Inscrit 21 avril 2010 10 h 03

    courchesne

    disons bravo! mais comment vérifier si çà se fera vraiment.
    yves archambault

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 21 avril 2010 11 h 54

    Un scandale systémique et récurrent

    Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales du Québec. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.


    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.


    Le temps presse. Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec 55 000 nouveaux immigrants par année, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois.

    Va-t-on pour une fois s'interroger sur le degré de subvention des universités et des cégeps anglophones du Québec eu égard au poids démographique des vrais anglophones du Québec? Trois universités anglophones pour quel pourcentage de vrais anglophones?

    À quand une Commission d'enquête sur cette situation absurde?

    Ce n’est sûrement pas M. Charest qui va la mettre sur pied, lui qui reçoit l’appui quasi unanime (sinon rhodésien) des anglophones et des allophones anglicisés.

  • Bernard Gervais - Inscrit 21 avril 2010 12 h 09

    Les intentions de Madame Courchesne

    Tout en approuvant la ministre Courchesne de sévir contre McGill, je me demande si, en prenant un telle décision, elle ne cherche pas un peu aussi à se refaire au vernis auprès de l'électorat francophone (qui aime de moins en moins son gouvernement) et de nous faire oublier son projet controversé de modifier le calendrier scolaire.

    Je m'interroge également sur les intentions de McGill d'exiger autant d'argent à ceux qu'ils veulent s'inscrire à son programme MBA. Une responsable de l'université a déjà déclaré au Devoir qu'une telle décision aurait été prise suite à la demande des professeurs qui donnent ce cours.

    Est-ce vraiment, comme on veut nous le faire croire, pour améliorer le contenu de ce même cours ? N'est-ce pas plutôt, comme je le pense, parce que ces enseignants exigent de fortes augmentations de salaire ?