Université de Montréal - Les classes reprennent ce matin

L'Université de Montréal et ses chargés de cours enterrent la hache de guerre. Quelque 400 des 2400 chargés de cours — en grève depuis un mois et demi — ont ratifié, hier avant-midi, dans une proportion de 74 %, l'entente de principe intervenue jeudi entre les parties.

Les étudiants, qui sont en relâche forcée depuis le 24 février, reprendront le chemin des classes ce matin, puisque les chargés de cours ont aussi avalisé le protocole de retour au travail soumis par leur syndicat. «Il y a six semaines et demie de cours qui ont été perdues. On va faire tout ce qu'il faut pour récupérer l'essentiel de la matière», a assuré le président du SCCCUM, Francis Lagacé. «Il va aussi y avoir des lectures qui vont être conseillées afin de récupérer une partie», a-t-il fait savoir.

Les principaux points en litige étaient les salaires et la taille des groupes d'étudiants dans chaque cours. «On a réussi à obtenir le petit plus qu'il manquait pour rendre l'entente acceptable», a expliqué M. Lagacé au Réseau de l'information. L'Université a notamment fourni l'assurance au SCCCUM que les comités qui seront mis sur pied pour se pencher sur la taille des groupes-cours seront en mesure de fixer des «seuils à partir [desquels] un chargé de cours aura droit à l'aide d'auxiliaires d'enseignement». «Ça va être décidé localement, dans les départements, en fonction des types de programmes et des types de cours», a dit M. Lagacé. D'autre part, les salaires des chargés de cours pourront être augmentés, selon l'issue des négociations du secteur public. «Si la négo du secteur public obtient plus, on y aura droit.»

Le trimestre d'hiver des 26 000 étudiants de l'Université prendra fin le 9 mai. Mais le prolongement du trimestre d'hiver repousse du coup le début du trimestre d'été dans la plupart des facultés, a averti l'Université.

Par ailleurs, l'Université offre à tous les étudiants la possibilité de se faire créditer les droits de scolarité et les frais afférents liés aux cours dispensés par des chargés de cours auxquels ils étaient inscrits.

«Ça se termine relativement bien», s'est réjoui le secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAÉCUM), Nicolas Descroix. «On est soulagés. C'était 30 000 étudiants qui voyaient leur diplomation menacée. On permet à beaucoup de ces étudiants de terminer leur session et à ceux qui ne le peuvent pas, l'université leur offre le choix de rembourser leurs cours.» Néanmoins, la FAÉCUM envisage toujours d'intenter un recours collectif contre l'Université afin que les étudiants lésés par le conflit soient dédommagés.

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Avec La Presse canadienne