Université de Montréal - La grève des chargés de cours est contestée dans leurs rangs

Certains chargés de cours de l’Université de Montréal songent à convoquer une autre assemblée générale pour tenir un nouveau vote sur le mandat de grève.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Certains chargés de cours de l’Université de Montréal songent à convoquer une autre assemblée générale pour tenir un nouveau vote sur le mandat de grève.

Les chargés de cours de l'Université de Montréal entament aujourd'hui la deuxième journée d'une grève générale illimitée qui ne fait pas l'unanimité. Mécontents, certains de ces enseignants songeraient même à convoquer une autre assemblée générale pour refaire le point et tenir un nouveau vote sur le mandat de grève. Cette avenue ne figure pas dans les statuts et règlements du syndicat des chargés de cours, mais l'article 352 du Code civil en prévoit la possibilité à condition qu'au moins 10 % des effectifs en fassent la demande.

Chargé de cours à la Faculté de musique de l'UdeM, Olivier Bélanger en est justement à constituer une liste de 250 professeurs, soit 10 % des quelque 2500 membres du syndicat. «Dans le statut du syndicat des professeurs, il y a une clause qui dit que 25 membres peuvent demander de convoquer une assemblée. Moi, je suis pris pour en récolter 250. Mais j'en ai déjà 200», a-t-il dit.

Le chargé de cours déplore les pratiques de «désinformation» du syndicat. «C'est aberrant. Il n'y a pas moyen de poser des questions à notre syndicat. Il nous lance des chiffres très impressionnants sur le fait que nos salaires sont en dessous de ceux des autres chargés de cours. Mais ce n'est pas vrai et il n'y a pas moyen de savoir où ils ont pris leurs chiffres», a indiqué M. Bélanger.

Il critique également la faible légitimité du mandat de grève qui a été voté le 31 janvier dernier lors d'une assemblée. Les 115 chargés de cours présents avaient alors voté à 71 % en faveur d'une escalade des moyens de pression, allant jusqu'à la grève générale illimitée. «Mais ce vote de grève s'est organisé dans l'ombre. L'assemblée s'est tenue un dimanche matin et ce n'était pas évident de savoir où elle se tenait et quand. Ç'a été annoncé sans tambour ni trompette», a dit M. Bélanger.

Le président du syndicat des chargés de cours de l'Université de Montréal, Francis Lagacé, ne s'étonne pas de cette dissidence. «Il y a toujours quelques chargés de cours qui ne sont pas d'accord», a-t-il dit. Il se montre toutefois ouvert à convoquer une assemblée si «un nombre important de chargés de cours le demande». «Mais de toute façon, on aura une assemblée statutaire en mars pour traiter des questions budgétaires», a-t-il conclu.
6 commentaires
  • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 25 février 2010 08 h 19

    Et les étudiants?

    Il y a les étudiants qui sont très jeunes et peuvent voir dans une grève un mouvement social avec lequel il faut être en accord.
    Mais il y a des étudiants qui ont de grosses responsabilités familiales et pour lesquelles les impacts financiers seront importants.
    Faire une grève sur le dos des étudiants qui ont payé pour leurs cours, ce n'est pas identique à retarder de ramasser les poubelles.
    Lorsqu'on est professionnel il y a un niveau de responsabilité.
    Les responsables des conventions ne devraient pas obliger les professeurs à ce recours extrême

  • BernardR.G - Inscrit 25 février 2010 13 h 29

    Témoignage d'un étudiant

    Je suis un étudiant de la faculté permanente d’éducation de l’Université de Montréal, une faculté, disons le bien honnêtement, destinée à offrir aux adultes, une première, une deuxième et parfois une dernière chance dans le monde universitaire. Ma famille et moi avons fait des sacrifices importants afin que j’effectue un retour sur les bancs d’école et je souhaite ardemment que les chargés de cours soupèsent d’un point de vue éthique les conséquences très lourdes que pourrait avoir leur grève sur les étudiants dans la même situation que moi. De plus, j’espère que M. Francis Lagacé, président du syndicat des chargés de cours, comprend que lorsqu’il dit que « c’est le temps de passer aux choses sérieuses », il énonce qu’il est venu le temps d’imposer des coûts humains et financiers potentiellement énormes aux étudiants. Ne laissez pas vos revendications devenir un fardeau dramatique pour vos étudiants, M. Francis Lagacé.

  • Cécile Hernu - Abonnée 25 février 2010 18 h 35

    Témoignage d'un chargé de cours présent à l'AG

    M. Bélanger et les 200 autres signataires ont le droit de ne se prononcer que maintenant contre la grève, mais le début du propos somme toute légitime cité dans le présent article est totalement discrédité par celui qui suit quant à l'organisation de l'AG dans l'ombre! Il ne faudrait tout de même pas virer dans la mauvaise foi et la presque paranoïa d'un possible complot...La lettre du syndicat a peut-être rejoint certains bacs verts avant même d'être ouverte et le numéro 514-343- .... ignoré sur les afficheurs, mais le syndicat se mobilise pour nous rejoindre tous et pour nous amener à nous prononcer. Arrêtons ici ces idées de tenue secrète d'une assemblée générale pour faire passer un vote de grève, c'est n'importe quoi!
    Mais grâce aux nombreux absents à cette AG du 31 janvier, on a pu manger plein de délicieux croissants et chocolatines, remarquez...

  • Ricardo C - Inscrit 26 février 2010 08 h 24

    Et les Étudiants quand?

    On peut bien comprendre le soucie de certains étudiants pour les dommages de cette grève. Cependant, si aujour'hui un étudiant doit sacrifier lui-mêne et sa famille c'est parce que le gouvernement du Québec a sous-financé nos universtés depuis longtemps et a mis sur les dos des étudiants la responsabilité de s'acheter le "droit d'étudier". Je ne comprend pas comment certains étudiants peuvent accepter telles conditions que nuiront à ceux et celles qui n'ont pas les moyens.
    Plutôt que critiquer les chargés (ils ont aussi de la famille, des enfants), les étudiants dévraient soutenir cette grève et préparer dejà une grève contre l'augmentation des frais tel que souligné par des lucides comme Bouchard ou Facal (soit dit en passant, ils ont étudiés presque gratuitement!)

  • tjo - Inscrit 26 février 2010 22 h 50

    Se mobilise, mais nous n'etait pas bien informé

    Entre 14 Jan et 29 Jan: 7 messages envoyé aux membres de SCCCUM par leur vice-présidente à l'information.

    Seulement une fois: les mots "la grève générale illimitée".

    Une fois. Pas deux. Pas en ligne de sujet. Pas la premier phrase. Une fois au fin de un message parmi 7 messages pendant les 2 semaines précédent la vote. Une fois, comme ça:

    CONVOCATION À UNE
    ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SPÉCIALE


    DATE : Dimanche, 31 janvier 2010
    HEURE : De 9 h 30 à 12 h 30
    PAVILLON : 3200 Jean-Brillant
    LOCAL : B-2305


    Compte tenu du contexte actuel de la négociation, vous êtes fortement invités à participer à cette assemblée.

    Projet d' ORDRE DU JOUR :

    0. Ouverture de l'assemblée et élection d'un-e président-e d'assemblée ;
    1. Adoption de l'ordre du jour ;
    2. Mot de la Présidence ;
    3. Négociations :
    - Rapport du Comité de négociation ;
    - Rapport du Comité de mobilisation
    4 Discussion et adoption d'une proposition de moyens de pression
    pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée ;
    5 Levée de l'assemblée.;


    Un déjeuner vous sera offert à compter de 9 h. Les frais de garderie et de stationnement seront remboursés par le Syndicat selon les barèmes en vigueur au SCCCUM.

    Par contre, le soirée après le « vote », un autre message plus claire, mais pas plus vrais, avec les premier phrases:

    Les chargées et chargés de cours affichent leur détermination en confiant à leur exécutif un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée

    Rassemblés en grand nombre pour une assemblée générale spéciale, le dimanche 31 janvier 2010, les chargées et chargés de cours de l'Université de Montréal ont adopté à 71% une motion confiant à leur exécutif syndical un mandat de moyens de pression gradués pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée, à utiliser au moment jugé opportun.

    "En grande nombre"? 108 sur 2433 = 4%. Bien informé avant le vote? Oui. Une fois.

    J'étais la pour voter. Mais je ne pas mangé les croissant ni chocolateries parce que j'ai eu mal au vente de voir ma vie déchirer