Des personnalités plaident pour une hausse des frais de scolarité à l'université

Lucien Bouchard aujourd'hui en conférence de presse
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lucien Bouchard aujourd'hui en conférence de presse

Une quinzaine de personnalités, dont l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, réclament un «pacte» pour mieux financer les universités québécoises, un pacte qui passe par une hausse notable des frais de scolarité.

Ces personnalités du monde des affaires, de l’éducation et de la politique ont rencontré la presse, aujourd’hui à Montréal, pour sonner l’alarme face à l’avenir de nos universités, qui souffrent d’un sous-financement chronique, selon elles.

Les signataires de cette prises de position ne réclament cependant pas du gouvernement du Québec qu’il finance davantage l’éducation postsecondaire. Selon eux, Québec n’en a tout simplement pas les moyens. Ils lui demandent simplement de maintenir le niveau actuel de son financement.

Étonnamment, ils n’ont adressé aucune demande au gouvernement fédéral, qui verse pourtant plusieurs centaines de millions de dollars pour l’enseignement supérieur.

Pour l’essentiel, ce sont les étudiants qui devront contribuer davantage, en voyant leurs droits de scolarité haussés.

Les hausses projetées tiendraient compte du secteur dans lequel le jeune étudie. Une formation en médecine, par exemple, plus coûteuse à dispenser et qui augure d’un salaire plus élevé pour le diplômé, verrait les droits de scolarité augmenter davantage. Et, à l’opposé, une formation en travail social, moins coûteuse, supposerait une augmentation moins marquée des droits de scolarité.

Selon le groupe, une somme de 565 millions $ pourrait ainsi être insufflée dans le système.
Le groupe propose qu’une part de 170 millions $ de cette somme soit affectée à l’aide aux étudiants les plus démunis, afin de s’assurer que la hausse ne nuise pas à l’accessibilité aux études universitaires.

Des signataires de différents horizons

Cette prise de position, qui ne manquera pas de susciter des réactions, est signée par Michel Audet, ex-ministre des Finances du Québec; Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec; Joseph Facal, ex-président du Conseil du trésor; Monique Jérôme-Forget, ex-ministre des Finances du Québec et ex-présidente du Conseil du trésor; Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec; Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec; Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. 

Ont également signés d'anciens dirigeants d'associations étudiangtes, comme Julie Bouchard, Youri Chassin, Hugo Jolette et Patrick Lebel, ainsi que les professeurs Marcel Boyer, Pierre Fortin, Claude Montmarquette et les anciens recteurs Michel Gervais (Université Laval) et Robert Lacroix (Université de Montréal).
49 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 23 février 2010 15 h 57

    Différents horizons?

    Je ne vois que des représentants du patronat, des responsables d'universitaires et des ex-étudiants universitaires? Quand on aura des porte-parole d'associations représentant des pauvres, là on pourra parler de différents horizons...

  • Maurice Jannard - Inscrit 23 février 2010 15 h 59

    subventions fédérales

    Je retiens de cette intervention que l'éducation restera toujours une des grandes priorités de notre société. Je ne partage pas un des points de vue exprimé par ces experts: le gouvernement fédéral est responsable pour la moitié du financement de l'enseignement post-secondaire. Pour le gouvernement Harper, il faut imposer plus les compagnies pétrolières (ou moins de subventions) et donc plus de subventions aux universités et collèges.

  • Christine Arsenault - Abonnée 23 février 2010 16 h 00

    Une excellente nouvelle pour les banques

    Ce serait une fabuleuse affaire pour les banques, qui font déjà beaucoup d'argent grâce aux étudiants des programmes qui les contraignent à s'endetter à cause de leur programme qui ne laisse pas ou moins de place que les autres au travail d'été. Ces programmes, comme médecine, médecine dentaire ou pharmacie, qui seraient encore plus taxés que les autres, vont faire leurs choux gras et les étudiants vont arriver sur le marché du travail encore plus endettés qu'ils ne le sont actuellement. La situation actuelle met déjà les étudiants dans une situation saugrenue, avec peu d'opportunités de revenu et des dépenses de base obligées qui sont hors proportion des revenus. Pourquoi les étudiants en général ne sont-ils pas mieux défendus par les autres strates de la société ? Passe-t-on pour des privilégiés ?

  • Marc O. Rainville - Abonné 23 février 2010 16 h 07

    RÉVOLUTION

    Faux débats... Parlez de tout et de rien mais parlez-en tant que le parachute doré de Jean Charest ne s'est pas ouvert. Le mot vient d'en Ô.
    Marc O. Rainville

    ''En réalité l’État n’est qu’un camouflage qu’utilisent les individus qui le manipulent. De ce fait, la convention originelle de l’État légal glisse de plus en plus vers la situation d’une forme de société primitive, en l’occurrence celle du communisme d’une tribu primitive, soumise à l’autocratie d’un chef ou d’une oligarchie.''
    C. G. Jung, Présent et avenir, p. 21


    (…) Machiavel voit (le pouvoir) aux main du Prince. Cicéron craint le peuple et vénère l’aristocratie tandis que Machiavel craint les grands et affirme que le Prince doit s’appuyer sur le peuple. D’ailleurs Machiavel fonde la liberté de la république sur les luttes qui opposent le peuple aux grands (…) Dans cette reconnaissance de l’utilité de l’opposition entre grands et peuples, dans la valorisation politique du peuple par rapport aux grands, Machiavel continue d’innover.
    Jean-Marc Piotte, Les grands penseurs du monde occidental, p. 135

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 23 février 2010 16 h 36

    Le temps de changer

    Nos universités souffrent d'un sous-financement chronique. Par ailleurs nous aurons de plus en plus besoins de personnes qualifiées en science, en médecine, en ingénierie.
    De plus, une proportion importante de nos diplômés vont exercer leur profession hors Québec : dans d'autres provinces du Canada et aux USA. Nous nous trouvons à subventionner leurs futurs travailleurs. Il faut cesser de faire cela.
    Il nous faut aussi assurer l'accessibilité de l'université à toutes les personnes qui ont le talent et la volonté de parfaire leurs études.
    Il faudrait dès le départ faire une distinction entre ces deux types d'étudiants: ceux qui vont ailleurs et ceux qui restent au Québec.
    Pour ceux qui ont l'intention d'ailleurs, il nous faut réclamer le paiement total des frais de scolarité immédiatement.
    Pour ceux qui veulent rester au Québec, nous pourrions leur fournir des prêts et bourses. Pour le remboursement des prêts consentis, ils signeraient une entente de 5, 6 ou 7 ans qui les forcerait a demeurer au Québec. Les remboursements alors exigés seraient en fonction du revenu.
    Je me méfie énormément des suggestions de M. Bouchard. C'est lui qui a mis des dizaines de milliers de travailleurs de la Santé à la retraite de façon prématurée avec les résultats que nous connaissons . M. Bouchard est un excellent tribun toujours en quête d'un micro ou d'une tribune. C'est un grand parleur mais un bien petit faiseur.