Sherbrooke et l'Estrie - L'université participe à la création d'entreprises

Passerelle sur la rivière Magog, au parc Jacques-Cartier, à Sherbrooke
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Passerelle sur la rivière Magog, au parc Jacques-Cartier, à Sherbrooke

À l'Université de Sherbrooke, la valorisation et la commercialisation des recherches effectuées au sein de ses laboratoires et de ses facultés ont aussi servi à soutenir le développement économique régional. De plus, en tissant des liens avec un grand nombre d'entreprises et d'organismes estriens, l'Université de Sherbrooke participe pleinement à l'essor de sa région.

Assumant son rôle de développeur régional, le Bureau de liaison entreprises-université (BLEU) a, depuis sa création en 1986, contribué à la création de 26 entreprises, dont 13 ont eu pignon sur rue en Estrie. «Aujourd'hui, huit de ces treize entreprises sont toujours actives dans la région», tient à préciser Jacques Lajoie, directeur du BLEU. Depuis 2007, la création d'entreprises essaimantes a été confiée à une nouvelle société, la SOCPRA, ce qui ne diminue en rien le rôle du BLEU.

«Le BLEU agit comme une interface entre les chercheurs et les entreprises et les organismes. D'une part, nous sommes en mesure d'évaluer le potentiel de commercialisation d'une recherche et d'orienter le chercheur, soit vers la SOCPRA, dans le cas d'une entreprise essaimante, soit vers une entreprise existante susceptible de mettre à profit cette recherche par le biais d'une licence d'utilisation. Nous conseillons aussi le chercheur sur tout ce qui entoure la propriété intellectuelle, que ce soit le brevet ou les droits d'auteur, ainsi que les autres aspects juridiques reliés au projet. Nous servons aussi de porte d'entrée aux entreprises qui sont à la recherche d'une solution à un problème particulier ou d'une nouvelle technologie. Nous pouvons cerner leurs besoins et les orienter vers les bons chercheurs.»

Partenariats

Outre l'entreprise essaimante et la licence d'utilisation, la valorisation et la commercialisation de la recherche universitaire se font aussi par l'entremise de partenariats de recherche entre une entreprise et l'université. Le BLEU en signe plusieurs par année, soit avec des entreprises privées, soit avec des organismes publics ou parapublics. «Ce sont souvent des partenariats d'une durée de un ou deux ans et ils portent toujours sur des projets précis. Dans ce cas, c'est l'université qui met à la disposition des entreprises et des organismes sa capacité de recherche dans tel ou tel domaine, afin de les aider à mener à bien un de leurs projets.»

De quel type d'entreprises et de recherches s'agit-il? «La gamme est vaste, mais malheureusement nous ne pouvons pas en parler parce que ces ententes de partenariat avec les entreprises contiennent toutes des clauses de confidentialité.» On comprendra que, pour des raisons stratégiques, ces entreprises n'ont pas intérêt à ce que les fruits de leur recherche soient ébruités en faveur de leurs concurrents.

Par contre, cette confidentialité ne saurait pervertir la mission première d'une université, qui est l'enseignement. «Toutes nos équipes techniques comprennent des étudiants, soit à la maîtrise ou au doctorat, et ces partenariats de recherche sont une occasion pour eux de se pencher sur un cas réel. Les ententes de confidentialité que nous signons doivent permettre la présence d'étudiants.»

Un rôle régional

De plus, le BLEU agit à titre de représentant de l'Université de Sherbrooke auprès des diverses instances économiques régionales, comme le Centre régional de développement (CRD) de l'Estrie ou la Société de développement de Sherbrooke (SDÉS), pour n'en nommer que deux. «Nous agissons surtout en soutien et en appui auprès des divers organismes engagés dans le développement économique régional. Nous les aidons à mener à bien leurs projets.»

À l'occasion, l'Université de Sherbrooke peut choisir de prendre l'initiative et de faire elle-même la promotion d'un projet. «Mais nous n'agirons pas si le projet ne répond pas à un réel besoin régional et si nous n'avons pas le soutien et la collaboration du milieu.» L'Université de Sherbrooke peut aussi parfois répondre à des projets qui émanent de la collectivité. «La région peut soulever un besoin et demander à l'Université de Sherbrooke de le combler. Par exemple, si la région indiquait qu'il y a un réel besoin dans un certain domaine, par exemple le développement durable, l'Université de Sherbrooke pourrait décider d'embaucher des professeurs qui possèdent l'expertise requise.»

Innovation sociale

La recherche universitaire ne se limite pas aux seules sciences pures ou appliquées et aux technologies; il se fait aussi beaucoup de recherche dans le domaine des sciences humaines. Et ces dernières sont aussi valorisées et commercialisées et contribuent à leur manière au développement économique de l'Estrie.

«Les sciences, la santé, le génie occupent souvent l'avant-plan, mais il ne faudrait pas passer sous silence la contribution de la recherche universitaire dans des domaines comme le droit, l'éducation et même le marketing. Le BLEU négocie beaucoup d'ententes avec des organismes, et parfois des entreprises, qui portent justement sur des recherches en sciences humaines. Par exemple, une entreprise peut faire appel à nos chercheurs en marketing pour bien évaluer l'effet de sa marque. Les commissions scolaires et les écoles font appel à nos chercheurs en éducation pour les aider à mettre en place des programmes pour soutenir la persévérance scolaire.» D'ailleurs, à ce sujet, l'Université de Sherbrooke abrite la Chaire de recherche de la commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke sur la réussite et la persévérance des élèves.

«Ce sont des recherches qui apparaissent plus abstraites que les recherches en sciences appliquées ou en technologies par exemple, mais leur contribution demeure importante. Au fil des années, le BLEU a permis à plusieurs organismes régionaux de profiter de l'expertise de nos chercheurs en sciences humaines, et nous le faisons encore aujourd'hui. L'Université de Sherbrooke entend continuer à promouvoir l'innovation sociale.»

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Collaborateur du Devoir