Modification au régime pédagogique - La tension monte d'un cran chez les enseignants

Vertement critiqué, le projet de règlement ministériel pour modifier, entre autres, le calendrier scolaire fait l'objet de tirs groupés plus ciblés. Une motion pour exiger son retrait, déposée par la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a été débattue à l'Assemblée nationale hier, et la Fédération des syndicats d'enseignement (FSE) a lancé une pétition afin de faire pression sur la ministre de l'Éducation dans le même but.

«Nous trouvons inacceptable que le ministère ait projeté de modifier le calendrier scolaire de toutes les écoles du Québec, supposément pour accommoder quelques établissements privés confessionnels, ouvrant ainsi la porte au retour de l'enseignement religieux dans les écoles», peut-on lire dans le document disponible sur le site Internet de la FSE. La Fédération déplore que ce «projet de règlement constitue une ingérence dans les négociations en cours».

Rarement du même avis que la FSE, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) s'est toutefois dite d'accord avec le retrait de ce projet de règlement. «Dans nos syndicats affiliés, il n'y a personne qui est content avec tout le volet de modification du calendrier scolaire, le découpage en heures, l'entrée progressive», a dit Pierre St-Germain, président de la FAE.

En instance la semaine prochaine, M. St-Germain compte avoir l'heure juste sur les actions à mener. «On va émettre un avis. Je ne peux pas présumer du contenu, mais je serais étonné qu'on soit en mode correctif. Je ne vois pas comment aménager nos horaires. On est en négociation, alors on va renvoyer la ministre à la table des négociations», a-t-il ajouté.

Clamant haut et fort son désaccord avec ce projet de règlement, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) entend également émettre un avis «si la ministre persiste et signe». «Mais dans cet avis-là, on ne va pas faire de propositions pour mieux aménager le calendrier, on va plutôt proposer des idées pour améliorer la persévérance scolaire», a dit Josée Bouchard, la présidente de la FCSQ.

Le projet de règlement de modification au régime pédagogique a été rendu public récemment dans la Gazette officielle du Québec. Un délai de 45 jours est prévu pour les réactions.
2 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 18 février 2010 09 h 21

    La Fédération aurait compris

    «Nous trouvons inacceptable que le ministère ait projeté de modifier le calendrier scolaire de toutes les écoles du Québec, supposément pour accommoder quelques établissements privés confessionnels, ouvrant ainsi la porte au retour de l'enseignement religieux dans les écoles», déclare la Fédération des syndicats d'enseignement. Aurait-elle compris que le geste de Mme Courchesne et de son patron vise à long terme à répondre aux attentes de l'Église du Québec, qui veut reprendre son contrôle sur les écoles publiques du Québec ? Espérons-le.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Monique Pauzé - Abonnée 19 février 2010 14 h 27

    Les gentils enseignants, les méchants syndicalistes

    Le but de la ministre est fort simple en ce temps de négociation collective.
    Il est de faire passer l’odieux de son projet sur le dos des syndicats.
    Je m’explique. Le régime pédagogique n’est pas la convention collective des enseignants. Or, dans cette convention, il est écrit qu’une semaine régulière de travail est de 5 jours du lundi au vendredi. Donc même si la ministre voulait faire rentrer tout le monde au travail la fin de semaine, elle devrait changer la convention collective. Puisque nous sommes en période de négociation, elle a beau jeu. Vous voulez moins d’élèves? Je veux élargir la semaine régulière de travail. Vous voulez moins de précarité? Je veux élargir la semaine régulière de travail. Vous voulez moins d’intégration d’élèves HDAA à tout prix? Je veux élargir la semaine régulière de travail.
    Puisque les enseignants n’accepteront jamais d’élargir la semaine régulière de travail, je peux facilement imaginer que la ministre Courchesne fera passer les gentils enseignants pour de bien méchants syndicalistes…