Détresse psychologique - Les enseignants montrent la réforme du doigt

Une étude de l'École nationale d'administration publique (ÉNAP) sur la santé mentale des professeurs parvient à des constats inquiétants: près d'un enseignant sur quatre songe à quitter la profession d'ici 5 ans et environ 20 % des professeurs qualifient leur santé mentale de moyenne ou médiocre, contre 8 % dans la population active. Craintes, peur, nervosité, énergie à la baisse... 60 % des enseignants présentent des symptômes d'épuisement professionnel au moins une fois par mois et 20 % en font l'expérience au moins une fois par semaine.

Le travail serait à ce point accablant que 35 % des enseignants disent être trop épuisés pour participer pleinement à la vie de famille en rentrant à la maison. Les résultats de l'étude dévoilent que les hommes disent être moins heureux dans la profession que les femmes, même s'ils semblent être moins affectés par les différents facteurs de stress. «La profession demeure assez féminine en soi et les hommes auraient du mal à s'y identifier», a expliqué Nathalie Houlfort, professeure à l'ÉNAP qui a dirigé l'étude menée auprès de 2000 enseignants de tous les niveaux qui sont membres de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

Deux facteurs

Selon elle, deux facteurs principaux expliquent ces conclusions: la charge de travail (manque de temps dû à la correction et à la paperasse) et la gestion de classe (problèmes avec des élèves turbulents). Elle note également que 30 % des professeurs se plaignent d'une absence totale d'autonomie professionnelle. D'après l'étude, c'est là que les enseignants ont montré du doigt la réforme. «Le fait que [les enseignants] se sont fait imposer une façon de faire diminue leur autonomie professionnelle, ils ont l'impression qu'on ne fait pas confiance en leur jugement», a indiqué Mme Houlfort.

Sans tisser de lien direct entre la réforme et la détresse psychologique, la chercheuse de l'ÉNAP reconnaît toutefois que les mauvaises conditions de travail, qui conduisent certains profs à l'épuisement, sont associées à la réforme.

Les conclusions de l'étude sont publiées alors que les enseignants en sont à renégocier leur convention collective avec Québec. Pierre Saint-Germain, président de la FAE, y voit le fruit du hasard, puisque les négociations ont été devancées, contrairement à l'habitude. «Je reconnais qu'elle tombe à point nommé, mais le dépôt patronal va à l'encontre de ce que l'étude recommande», a-t-il dit.
3 commentaires
  • Nestor Turcotte - Inscrit 11 février 2010 06 h 25

    Exit la réforme

    Ceci devrait convaincre le Québec en entier que la réforme Pauline Marois a été une erreur magistrale et qu'il faut, d'ici septembre 2010, abandonner ce réforme pédagogique, initiéé en Europe, particulièrement en Suisse, et abandonnéè par le pays même qui l'avait instauréé.

    La transmission des connaissances, la discipline et l'étude, les examens traditionnels et les bulletins chiffrés demeurent les moyens (ils ne sont pas parfaits) pour enseigner, évaluer, et émettre un avis sur l'évolution intellectuelle d'un étudiant.

  • Daniel Gosselin - Abonné 11 février 2010 10 h 09

    La réforme n'est pas réellement en cause.

    C'est plutôt le je-m'en-foutisme généralisé par les élèves, souvent cautionné par des parents absents ou débordés...
    La valorisation de l'échec auprès des amis...
    Les cours qui "ne comptent pas" pour la promotion, pour lesquels on ne remet aucun travail.
    Le manque de sanctions possibles au public, contrairement au privé.
    Le manque de ressources pour les enseignants, les cas difficiles, la discipline perpétuelle, les groupes beaucoup trop nombreux, etc.
    La réforme est imparfaite, voire peut-être même néfaste, mais elle n'a rien à voir avec 80% de la tâche d'enseignement, surtout au secondaire.
    Il faut une revalorisation de l'enseignement, de l'école.
    Il faut un investissement massif.
    Il faut un engagement gouvernemental et social.

  • Donald Bordeleau - Abonné 12 février 2010 00 h 35

    La réforme n'est pas en cause, c'est un manque de courage.

    L'année scolaire 2002-03 a produit au Québec 72 384 diplômés du secondaire (environ 39 000 filles). Les filles âgées de 15 à 20 ans sont 86 % à avoir en main leur diplôme d'études secondaires, comparativement à seulement 71 % des garçons du même âge.

    Beaucoup de décisions à prendre en même temps. Le début commence avec les garderies qui assurent un suivi des enfants qui seront à problèmes plus tard. Le bureau coordonnateur doit prendre en charge les cas problèmes pour faire le suivi. Mais malheureusement ce n'est pas le cas. Il offre peu de service, c'est navrant. Ce qui n’est pas corriger au début du cheminement de l’enfant, cela occasionnera la démotivation, la perte de l’estime de soi et les échecs à répétition.

    Depuis 2000, près de 400 millions ont été dépensé inutilement pour contrer le décrochage scolaire. La réussite scolaire ce n'est pas une question d'argent, mais des actions à entreprendre et à poursuivre.


    Piste des solutions

    1. Réduire le nombre des commissions scolaires. Certains vous savez qui est contre l'idée mais il faudra bien un jour y venir. Qui aura le courage pour la réussite des élèves ?

    2. Arrêter d’augmenter les subventions les écoles privées.

    Pas facile de prendre cette décision pour l'élite politique et autre. Dans le but de diminuer la bureaucratie et mettre à pieds toute la panoplie de spécialistes (ronds de cuir ) du ministère qui tire un salaire sans rien foutre que de prendre un café à notre santé et assister à des réunions comme spécialistes ou mentor. Voyez le résultat actuel que cela donne = augmentation du décrochage.

    En 2009, on a augmenté de 5 % les subventions aux écoles privées. Ce n'est pas la bonne direction à prendre pour la réussite scolaire.

    Déléguer l’autonomie aux écoles

    Le gros avantage de l'école autonome, elle peut se tourner de bord rapidement... contrairement à l'ancien modèle où il y a tellement de couches de bureaucratie! Enlever les commissions scolaires, ou presque toute, et donner à l'école (l'établissement) la direction complète: principal, enseignants, employés de soutient... répartition du budget... ce qui peut être très différent d'une école à une autre.

    Dans les commissions scolaires, l'école est toujours considérée comme une simple succursale de la commission scolaire, la décentralisation des responsabilités y reste très limitée et les directions d'école ne sont pas partie prenante de décisions qui concernent leur école et son développement.

    Pour d’autres, alors autant admettre nos limites et offrir des voies "d'évitement" supervisés à ceux qui sont "prêts" à décrocher. Solution pour des élèves du secondaire qu'à ceux du primaire. Laissons à ces jeunes la possibilité d'explorer des métiers, des sports, des occupations tout en valorisant l'effort et l'implication. L'important, c'est qu'ils puissent continuer à apprendre, à acquérir des connaissances.

    De plus , assurer un suivi serré des absences et impliquer les parents pour leur donner des outils pour le bien de leur enfant.

    Présentement cet un état de guerre continuel entre les commissions scolaires et les écoles pour établir les priorités, les budgets et autres, perte d’énergie, démotivation des conseils école.

    Soutien


    3. Dès les garderies et la maternelle offrir du soutien aux parents ayant des enfants qui seront en difficulté d'apprentissage. Par exemple l'orthopédagogie reste une mesure concrète à laquelle on se réfère, mais ses spécialistes sont souvent dépassés étant donné le nombre excessivement élevé d'élèves qu'on leur recommande. Eh bien oui, combattons le décrochage scolaire! En 2008, le gouvernement parle de l’engagement de plus de 1000 spécialiste dans son rapport des comptes publiques. Mais dans la réalité rien n’a changé dans les écoles car un employé sur deux est remplacé lors de son départ.


    4. Une école autonome donc la direction prend charge du projet école en équipe. Assurer un suivi des absences. Intégrer les parents afin de leur fournir des outils pour assurer la réussite de leurs enfants ( ateliers, conférence ).

    Le nombre d'élèves par classe devrait se situer entre 20-22... L'enseignant aurait le temps de connaître et de s'occuper de chacun, après, pourrait intervenir un "spécialiste" si nécessaire!

    5. Intégration de l'ensemble des intervenants auprès des jeunes ( garderies ,maternelles, écoles primaires, écoles secondaires )

    L'administration locale permettrait de sélectionner un personnel qui peut s'adapter au milieu et s'y installer rapidement... au lieu de prendre des années pour avoir une tâche respectable et une permanence: on a vu jusqu'à dix ans pour une personne du milieu...
    Quand un enseignant est intéressé, attaché à son milieu, le travail n'est plus une charge... les absences sont moins fréquentes ( comme les suppléances...)

    L'établissement pourrait établir des liens avec les entreprises du milieu pour des stages avec les élèves qui ont besoin de concret. Il y a des individus qui n'ont pas de secondaire V, mais qui font drôlement la "barbe" à d'autres qui ont un secondaire V, un cégep et peut être plus!...

    6. Assurer une stabilité de la direction de l’école sur une période de 4 à 6 ans. Former des équipes stables.


    Des décisions à prendre maintenant pour la réussite des élèves. Voir ce qui se passe en Finlande au sujet de la fonction d'enseignant, de programme, de matériel et de présence à l'école...
    La réussite ne sera pas une question d’argent, mais des décisions à prendre malgré les lobbys.


    Depuis sept ans, Québec investit des sommes considérables dans cette lutte contre le décrochage, et jamais nous n'avons été soumis à un tel cafouillage. «Instruire, socialiser, qualifier», selon les mots du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), tel est le mandat dorénavant. Pas mal comme principe, me direz-vous. Mais dans les faits, la mission d'enseignement a été reléguée aux oubliettes. Les classes ne sont pas seulement hétérogènes, elles sont devenues de véritables lieux anarchiques.

    Maintenant un décret pour l'enseignement durant la fin de semaine. Un décret pour des écoles religieuses juives, la ministre est tombée sur la tête.

    Cela ne fera aucune différence en éducation, mais sera encore bénifique pour obtenir des votes et payer 75000 $ du salaire caché du premier ministre.

    C'est désolent et triste à la fois pour les nouveaux enseignents ( 1/3 ) qui quittent les écoles après 3 ans. Maintenant dans les annnées avenir l'on parlera du décrochage des professeurs.

    Triste situation