Hausse des frais imposés aux étudiants en médecine dentaire - La ministre rappelle l'UdeM à l'ordre

Michelle Courchesne a coupé court hier aux tentatives de l'Université de Montréal pour hausser les frais institutionnels obligatoires (FIO) de 1000 $ par année pour les futurs dentistes. «Ça n'a pas de bon sens», a affirmé la ministre de l'Éducation dans une entrevue avec Le Devoir. «C'est la deuxième fois que l'Université de Montréal fait une tentative de ce genre. Les règles sont claires, et [l'Université] essaie de les contourner, a-t-elle poursuivi. Ce n'est pas acceptable.»

Bien que le règlement ministériel sur les FIO précise qu'une entente entre les étudiants et l'Université ouvre la porte à des dérogations sur le montant maximal d'augmentation permis — de 25 à 50 $ —, ce que propose la faculté de médecine dentaire à ses étudiants ne cadre pas avec cette possible dérogation pour le moment. «[Les FIO], ça ne permet pas d'acheter d'équipement de base; on ne peut pas acheter des chaises de dentistes [avec des FIO]», tranche la ministre. Elle déplore notamment ne pas avoir «reçu de demande [de cette faculté pour changer ses équipements], ça ne tient pas [la route].»

Tout investissement qui peut figurer dans une subvention prévue au plan quinquennal de développement ne peut être demandé aux étudiants. «On a un règlement clair, dit la ministre, et ce règlement-là dit que ce ne sont pas des frais de scolarité, les FIO.» Dans le projet initial, la faculté de médecine dentaire proposait à ses étudiants d'engager une secrétaire, de changer les chaises de dentiste de la clinique, d'entretenir les équipements et de s'entendre sur des priorités d'achat d'équipement de pointe, telle la radiographie numérique 3D.

L'Université de Montréal a réagi en publiant un communiqué dans lequel elle «s'engage formellement à ce que ce projet, dans sa forme finale, respecte en tous points le règlement budgétaire du ministère de l'Éducation concernant les frais institutionnels obligatoires». C'est dire que le projet AIDENT, encore vivant, sera réécrit.

Les observateurs du milieu de l'Éducation ont exprimé hier leur exaspération devant les tentatives de détournement des règlements sur les FIO et soulèvent que les règlements actuels sont peut-être insuffisants. «Si les universités s'essaient, estime la critique du Parti québécois en matière d'éducation, Marie Malavoy, c'est qu'elles sentent du mou. Avec leurs dettes et leurs déficits, elles essaient de trouver toutes sortes de manières de renflouer leurs coffres.» Des tentatives contre lesquelles le gouvernement n'impose «aucun garde-fou»: «La glissade est commencée, ça va prendre plus que la règle actuelle.»

«On commence à être fatigués que les universités essaient de trouver de nouveaux moyens de contourner [le règlement]», dit le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Jean Grégoire, qui estime qu'une loi-cadre claire réglerait le problème. «Le plus aberrant, c'est la grosseur de la hausse proposée. C'est toujours aux étudiants de se défendre.» Le président de l'aile jeunesse du Parti québécois, Alexandre Thériault-Marois, déplore le fait que la porte soit «ouverte» pour que d'autres facultés «essaient de contourner les règles.»