Un nouveau diplôme collégial accessible sans tous les prérequis

Après la main tendue aux quasi-diplômés du secondaire, Québec ouvrira une première porte aux quasi-diplômés du collégial. Une mesure permettant aux techniciens de commencer une spécialité sans terminer leur diplôme d'études collégiales (DEC) a obtenu hier l'aval du Conseil supérieur de l'éducation.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a demandé en septembre au Conseil d'examiner l'admission d'étudiants à qui font défaut cinq crédits de leur DEC à des diplômes de spécialisation d'études techniques (DSET). Qu'est-ce que le DSET? Aucun cégep n'en offre.

«C'est un nouveau programme collégial», dit la présidente du Conseil supérieur de l'éducation, Nicole Boutin. Ces courtes formations d'une ou deux sessions permettraient, par exemple, à un audioprothésiste d'apprendre à dessiner ces prothèses par ordinateur. Pour l'instant, le concept n'existe que sur papier, mais les exigences d'admission seront assouplies dès la première cohorte.

Question de cohérence, explique la Fédération des cégeps. Si des étudiants peuvent accéder au collégial sous condition sans leur DES, la même règle doit s'appliquer entre le DEC et le DSET. Ces programmes, précise la porte-parole Caroline Tessier, sont attendus avec impatience dans le milieu collégial et les milieux de travail.

À l'instar des élèves du secondaire qui doivent terminer le cours manquant de leur DES pendant leur première session collégiale, les étudiants au DSET devraient réussir leur cours collégial manquant pendant leur première session.

Cette condition, qu'environ 55 % des cégépiens concernés peinent à rencontrer, ne devrait pas poser autant problèmes aux techniciens, croît Mme Boutin, car «ils ont déjà montré qu'ils ont la capacité de faire des cours collégiaux». Le Conseil précise tout de même dans son avis que les étudiants «risquent de devoir faire face à de sérieuses difficultés, voire à une impossibilité de [terminer le cours manquant] dans le délai prévu», charge de travail importante oblige. Solution préconisée par le Conseil: activités de mise à niveau, accompagnement et suivi par les collèges.

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