Frais de scolarité - Courchesne nie avoir autorisé l'UQAM à planifier des hausses au-delà de 2012

Le ministère de l'Éducation nie avoir indiqué à la direction de l'Université du Québec à Montréal qu'elle pouvait projeter des hausses des droits de scolarité de 100 $ par année au-delà de 2012, lors de la préparation de son plan de retour à l'équilibre budgétaire. Au cabinet de la ministre Michelle Courchesne, on refuse toutefois de préciser ce qu'il adviendra des droits de scolarité une fois la hausse de 500 $ complétée en 2012.

Dans une entrevue donnée au Devoir jeudi, Claude Corbo, recteur de l'UQAM, avait indiqué avoir «travaillé avec les paramètres demandés au ministère de l'Éducation», en projetant une poursuite de la hausse de 3,33 $ par crédit d'ici 2015-16 (100 $ par année pour un étudiant à plein temps). C'est d'ailleurs dans cette hausse projetée que se trouve la clé de l'équilibre budgétaire pour l'université en 2015-16.

Au cabinet de Michelle Courchesne, on réfute les propos de M. Corbo. Selon un extrait des échanges de courriels entre les fonctionnaires du ministère et la direction de l'UQAM, on a plutôt indiqué qu'il fallait prendre, à des fins de calcul, «les droits de scolarité et les montants forfaitaires connus et annoncés», soit ceux de «2011-12 pour les étudiants québécois».

L'attachée de presse de la ministre Courchesne, Kim Ledoux, précise que le gouvernement respectera son engagement de hausser les droits de 100 $ par année jusqu'en 2012. «Après cette date, la situation devra être réévaluée. Le gouvernement prendra une décision en temps opportun», a indiqué Mme Ledoux, refusant de conjecturer sur le caractère réaliste ou non du plan de l'UQAM si les projections de revenus devaient changer.

La perspective de nouvelles hausses après 2012 fait bondir les leaders étudiants, qui n'apprécient guère l'absence d'indication formelle du gouvernement. «On craint que les étudiants provenant de familles à plus faible revenu aient moins accès», fait valoir Jean Grégoire, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec. S'appuyant sur une récente étude commanditée par le ministère de l'Éducation, il note que les hausses de 500 $ risquent déjà de décourager environ 6000 jeunes Québécois de poursuivre des études supérieures.

Le porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), Christian Pépin, abonde dans le même sens. «On a beau penser que nous avons les droits les plus bas au Canada, c'est faire fi du fait que des gens sont déjà exclus des bancs d'école. Déjà, le principal motif pour abandonner les études, c'est les contraintes financières», soutient M. Grégoire en citant une étude du Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, qui relève du ministère de l'Éducation.