La FAE tonne contre la réforme scolaire

À l'occasion du 10e anniversaire de la réforme de l'éducation, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) presse la ministre de donner enfin le coup de barre réel promis pour redonner aux connaissances leur droit de cité non seulement dans la classe, mais aussi dans les bulletins.

L'organisation syndicale, qui dénonce la réforme de l'éducation depuis sa création il y a trois ans, tient une manifestation aujourd'hui devant les bureaux montréalais de la ministre de l'Éducation. «C'est un devoir de dénoncer le ministère de l'Éducation, les ministres qui se sont succédé, l'appareil ministériel, tous ceux qui se font complices de cette réforme. On a beau dire que la réforme est déjà implantée, mais il y a d'autres cohortes d'élèves à qui on peut éviter des problèmes», fait valoir le président de la FAE, Pierre Saint-Germain.

L'an dernier, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait promis de rendre publique une version plus précise des programmes, présentant les connaissances devant être acquises chaque année. Or, l'exercice n'a pas encore été terminé pour tous les programmes d'études. Pour M. Saint-Germain, il faut non seulement procéder à la refonte des programmes, mais aussi permettre d'évaluer en bonne et due forme les connaissances et en rendre compte dans les bulletins.

Coup de barre exigé

La FAE réclame par ailleurs un coup de barre rapide au chapitre de la formation des maîtres. «On prépare encore les futurs enseignants sur des bases d'approche par compétence et de socioconstructivisme», dénonce M. Saint-Germain.

«S'il y avait un signal clair de la part de la ministre que demain matin on recentre vers l'évaluation des connaissances et qu'on donne aux professeurs les moyens de travailler avec des outils d'évaluation, les profs pourraient faire le travail à partir de septembre prochain», poursuit le syndicaliste.

Au cabinet de la ministre Courchesne, on rappelle que de nombreux correctifs ont déjà été apportés, tels le nouveau bulletin chiffré, le plan d'action pour l'amélioration du français écrit ou encore l'augmentation de 90 minutes par semaine du temps de classe au primaire. «Nous sommes à l'écoute des commentaires de parents, des enseignants, des syndicats, des commissions scolaires», assure l'attachée de presse de la ministre, Kim Ledoux, précisant qu'un plan sur la persévérance scolaire devrait être rendu public prochainement.

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