Des jeunes expliquent comment contrer le décrochage

Des activités parascolaires pour développer le sentiment d'appartenance à l'école, davantage de soutien dans leur orientation professionnelle et du concret pour accrocher les manuels. Voilà en résumé quelques pistes suggérées hier par des jeunes aux commissaires scolaires pour accroître la persévérance scolaire.

Une cinquantaine de jeunes issus des quatre coins du Québec, certains qui n'ont jamais quitté l'école ainsi que d'autres qui y sont revenus après avoir décroché, ont discuté hier pour le bénéfice de quelques centaines de commissaires réunis lors du congrès annuel de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Plusieurs des jeunes adultes ou adolescents présents ont insisté sur les activités parascolaires pour développer le «sentiment d'appartenance» et donner le goût d'aller à l'école. Joueur de football et membre de la ligue d'improvisation, Charles a précisé que les activités parascolaires ne devraient pas se limiter au sport. «Je suis aussi fier quand on me félicite pour une bonne performance dans un match d'improvisation que pour une bonne partie de football. Parfois l'emphase [sic]est trop mise sur le sport», fait valoir le jeune homme de la Mauricie, ajoutant que toutes les écoles n'ont pas la chance de pouvoir compter sur un professeur de théâtre.

Dans la même veine, Chloé Bouchard, de l'Estrie, a déploré le retrait des cours de musique de la grille-horaire de son école. «C'est vraiment plate que ce ne soit plus une option. Quand on a essayé de former une harmonie, plusieurs jeunes ne savaient pas lire les partitions, on n'a pas pu aller aussi loin.»

L'accompagnement dans le choix d'une carrière figure aussi parmi les priorités des élèves. Certains mentionnent l'importance de pouvoir compter sur des conseillers en orientation ou encore d'avoir l'occasion d'effectuer des stages d'observation de métiers ou de participer à des salons de l'emploi. On regrette toutefois la disparition prévue l'an prochain du cours d'éducation au choix de carrière. «La conseillère en orientation n'a pas assez de temps pour rencontrer tout le monde et ce n'est pas assez régulier. En théorie, les autres profs sont supposés en parler, mais en pratique ils ne le font pas», souligne Guillaume Millette, étudiant en quatrième année de secondaire à Shawinigan.

Sa camarade de cinquième année de secondaire, qui fait partie de la dernière cohorte ayant suivi ce cours, en vante les mérites. «C'est un bon encadrement, on a l'occasion de se poser des questions sur ce qu'on va faire. On discute aussi de la vie en appartement, de comment faire une demande de prêts et bourses», explique Valérie Desaulniers.

Plusieurs ont aussi plaidé pour la valorisation de la formation professionnelle et demandé des parcours d'études plus concrets. «Le système n'est pas assez fait pour les manuels. Je suis très manuel et j'ai un peu de misère à l'école à cause de ça», a confié Olivier Lévesque, qui termine sa cinquième année en Abitibi.

Certains avaient d'ailleurs trouvé cette formule idéale dans leur commission scolaire. Étudiant dans un programme d'alternance travail-étude semi-professionnel dans le Bas-Saint-Laurent (pré-DEP), Antoine Côté est ravi de la formule, qui prévoit deux semaines de stage en entreprise suivies de deux semaines de cours. «Quand on revient à l'école, on est plus motivé, parce qu'on sait que deux semaines plus tard on s'en retourne en stage», explique l'étudiant qui s'oriente vers une technique agricole en production laitière.
4 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 30 mai 2009 07 h 52

    Il faut en faire des êtres à part entière.

    C'est la meilleure façon de respecter les jeunes et aussi pour qu'ils se sentent respecter par le monde de l'éducation, entre autres. Se sentir respecter, c'est aussi se sentir aimer...

    Quant à la spécialisation et les parcours d'étude que certains proposent, les jeune sont beaucoup plus que des fourmis. Se spécialiser, ça peut faire pour un temps. S'ils décident d'en changer, ça les rendraient d'autant plus vulnérable dans leur super spécialisation de foumis dans la fourmilière. Si j'exagère, c'est pour bien faire entendre mes propos.

    jm

  • Denise Thériault - Inscrite 30 mai 2009 10 h 35

    Donnons-leur la parole plus souvent

    Il est à peu près temps qu'on demande aux JEUNES eux-mêmes pourquoi ils perdent le goût de l'école en chemin entre la maternelle, où ils entrent pleins d'élan, et le secondaire où un trop grand nombre ne rêvent que de quitter l'école. Comment ils imaginent une école intéressante. Depuis 30 ans qu'on en parle du décrochage scolaire, qu'on met des milliards sur la table pour "contrer" le décrochage, mais tout ça se passe généralement "au-dessus de la tête" des principaux intéressés: les jeunes eux-mêmes. Et ça donne quels résultats? A-t-on progressé? Les chiffres sont là pour nous répondre.

    Il y a encore trop, beaucoup trop, d'enseignants qui "enseignent le livre", page par page. À une époque où les jeunes, bien dirigés, en apprendraient tellement plus sur Internet que dans les livres trop chers de l'INDUSTRIE du manuel scolaire québécois. Encore trop d'enseignants qui veulent déverser leur savoir sur la tête des jeunes sans les associer à une véritable démarche d'apprentissage. Encore trop d'enseignants qui ne savent pas intégrer les nouvelles technologies à la vie de la classe. "Aller à l'ordinateur", ça ne devrait jamais être une sorte de récompense "parce que t'as fini ton travail avant les autres". C'est encore pratique trop courante dans bien des écoles, primaires et secondaires.

    Je suis une enseignante à la retraite, bien avancée dans la soixantaine et je constate que la majorité des enseignants à l'école de mon petit-fils de 15 ans enseignent en 2009 comme on le faisait quand je suis entrée en éducation en 1960! Pas étonnant que tant de jeunes trouvent l'école "PLATE". Ils ont raison la plupart du temps.

    Avant qu'on m'accuse de jeter le blâme sur les enseignants encore une fois, je précise. Je sais très bien qu'un bon nombre d'enseignants font un boulot exceptionnel dans des conditions parfois très pénibles. Mais si ces enseignants constituaient la majorité du corps enseignant, une école dynamique, ce ne serait pas un exemple qu'on cite dans les médias, mais chose courante. Or, ça n'est pas le cas malheureusement.

  • Chris G. Eustace - Abonné 1 juin 2009 13 h 57

    Parents Are Partners - BILL 88 Is a Gift to the English Community

    Permit me to link this Le Devoir, May 30 article: «Des jeunes expliquent comment contrer le décrochage» with a February 14 request from The Gazette: "Tell us how you would fix the drop out problem".

    The Gazette received 32 comments following this introductory statement:

    Our high-school dropout rate is a "national disaster," says Montreal businessman Jacques Ménard. Thirty-two per cent of Montreal Island students drop out. What can we do about it?

    Here are two: the first on Feb. 14 by this Anglo retired teacher ; the second on May 3 by a LBPSB commissioner who offers a plan d'action and asks pertinent questions.

    " Bring back the technical - vocational curriculum starting in Grade 9. According to the Gazette editorial of Feb. 11 "Quebec must find a way to keep boys in school" - Finland's vocational schools "take in 47% of students" and their dropout rate is a mere 4 per cent....Skills and trades acquired at high school tech-voc programs would be appreciated not only in Quebec but also in many places of the world."

    " 1) Establish a person within admissions to gather data on early leavers ('drop out' is more judgemental)
    2) Track your early leavers. Each year the admission office would contact each student/parent- a template would be used for standardized info.
    3) With Stan Can data and the above, you develop a fairly accurate local profile of those more likely to leave and WHY.
    4) Develop strategies in your schools targeting the above
    5)Develop a Graduate Survey for each student @Sec V on his her experience in your Board
    6) Implement a Satisfaction Survey for Students (Elementary, H.S) parents and teachers 7) Keep track of Stat. Can. data on early leavers: for example: *more than 30% had A or B averages; *25% left due to boredom; *22% leave to find work: *only 8% left because of actual work they had to do.
    Each year the drop out rate stays at 18% the Feds lose 2 BILLION dollars. Do we have the resources to do the above and increase Guidance at High Schools? If we save 5 kids from leaving we can have a guidance person.
    How is it that a Board that's losing 500 or so students each year (about 4 million) due to declining enrollment, is spending $300,000 a year for 4 year olds for which it doesn't receive a penny from the government ? Do we not have a responsibility to the 5 yr olds and up that we have accepted before the 4 year olds that are not in our mandate? "

    Yes, indeed, we do have a responsibility - and so does the government.

    Here are some excerpts from The Gazette article: "CEGEPS to stay: French boards" (May 31). The informative piece is about the convention of Quebec's French-language school boards (FCSQ) that met this past weekend.

    "We are working hard to facilitate student pathways in technical training...." and "Across Quebec's 72 boards, 35.4 per cent of dropouts were boys and 21 per cent girls" and....

    "Governance issues will also be a major challenge following passage of Bill 88 which calls for direct election of the school board chairperson starting in 2011 and a new accountability process". Good !

    Meanwhile, the Quebec English School Boards Association had their convention on May 21/23 hosted by LBPSB. I don't have a clue what they discussed or planned concerning our students in the English schools. Nothing was mentioned at the May 25, LBPSB Council meeting. I was there. In fact, one of the questions I asked dealt with how much is the increase of membership fees to QESBA - 2 per cent. 3 per cent? No one seemed to know.


    What I do know is that in the May 28 Gazette article: "Pearson school board to draft 2 budgets to explain accounting deficit" , chairman Marcus Tabachnick said:

    "I say we should beware of governments bearing gifts. There's always a price to pay."

    Bring on the gifts : the Quebec government auditors and Bill 88.


    Chris Eustace (ceustace@videotron.ca)

    http://www.ledevoir.com/2009/05/29/commentaires/09

  • Martin Gauthier - Inscrit 2 juin 2009 08 h 53

    Le comportement comme langage

    C'est très bien que des jeunes puissent prendre la parole sur ce que l'on appelle le décrochage scolaire. Les adultes ne sont pas les propriétaires de la capacité de penser, d'avoir des idées.

    Et si le décrochage était quelque chose à écouter plutôt qu'à contrer comme on le fait actuellement. Le faire permettrait de mettre nos énergies au bon endroit, de les mettre sur notre fameux système.

    En passant du moyen pour lequel il a été mis en place à celui de finalité, le système est devenu une fabrique de comportements qui le conteste. Est-ce que le comportement est un langage ? Si oui, il ne nous reste qu'à l'écouter si on veut comprendre et ainsi pouvoir penser faire de vrais correctifs.

    Il nous faudra nous demander également qu'est-ce qu'un enfant, et comment ça apprend un enfant ? Qu'est-ce qui agit sur sa motivation et qu'est-ce qui lui est néfaste ? Qu'est-ce qui lui donne le goût d'apprendre, qu'est-ce qui éteint ce goût d'apprendre ? Nous demander également si le théâtre n'aurait pas été mieux comme quatrième année de formation des maîtres ?
    Théâtre qui aurait l'avantage de nous mettre en contact avec nos propres émotions, et ainsi devenir des capteurs des émotions des enfants. Aussi, il nous permettrait de nous faire décrocher de notre mental et, nous apprendre notre propre humanité, plutôt que de faire décrocher les jeunes.

    L'idéologie de la performance à l'école, est-ce que ça ne revient pas à mettre en place une institution qui veut savoir qui est le meilleur perroquet ? Si c'est le cas, et bien ne pas se surprendre de la prise de parole dans le comportement appelé décrochage scolaire.