Naissance d'un front commun pour favoriser la réussite scolaire

Photo: Jacques Nadeau

Les écoles prennent parfois des initiatives qui connaissent du succès pour améliorer la réussite scolaire des enfants qui leur sont confiés. Un nouveau groupe de concertation leur permettra notamment d'échanger les meilleures idées.

Les commissions scolaires de la région de Montréal et les intervenants du milieu des affaires, du monde municipal, du communautaire s'unissent pour favoriser la persévérance scolaire, alors que le décrochage attend un élève sur deux dans plusieurs quartiers.

Ces derniers ont annoncé hier la création de Réseau réussite Montréal, qui permettra notamment d'échanger des commentaires entre commissions scolaires sur les différentes initiatives en matière de prévention du décrochage ou de raccrochage ou encore de mener des campagnes de sensibilisation communes auprès des jeunes, des parents, des employeurs...

La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, saluait hier la concertation entre les réseaux anglophone et francophone. Les taux de décrochage sont jusqu'à deux fois plus élevés dans les commissions scolaires francophones, de l'ordre de 30 à 40 %, contre 15 à 20 % chez les anglophones. «Nous ne savons pas pourquoi. Nous avons une grande motivation, les commissions scolaires francophones, à nous rapprocher des milieux anglophones et mieux comprendre», a affirmé Mme De Courcy.

Son collègue anglophone Marcus Tabachnick, président de la Commission scolaire Lester B. Pearson, y est quant à lui allé d'un plaidoyer pour la multiplication des activités parascolaires, comme les sports et les arts, afin de développer le sentiment d'appartenance à l'école. Il préconise également un élargissement du programme de maternelles quatre ans, alors que le ministère de l'Éducation a renoncé à financer l'ouverture de nouvelles classes à la fin des années 1990. «Nous en avons ouvert dans cinq écoles et nous payons nous-mêmes les factures. Nous encourageons la ministre de l'Éducation à soutenir ce programme», a fait valoir M. Tabachnick.

Des exemples concrets

La concertation s'amorçait déjà hier, alors que différents projets étaient présentés dans le cadre des Assises régionales sur la persévérance scolaire, qui réunissaient quelque 550 personnes.

À la polyvalente Monseigneur-Richard, le projet «Passeport pour ma réussite» recrute depuis deux ans des élèves de première secondaire, parmi les élèves les plus défavorisés (au moyen des codes postaux). Ce sont 125 élèves qui ont ainsi été sélectionnés et qui se sont vu assigner un tuteur, qui les rencontre deux fois par semaine pour les accompagner dans les travaux scolaires. Le projet finance également la moitié du coût du matériel scolaire. Une bourse de 2000 $ attend également le jeune au terme du parcours, s'il réussit sa cinquième secondaire.

Dans cette école de Verdun où le taux de décrochage avoisine les 50 %, on remarque déjà une différence. «Les enseignants nous disent souvent que lorsqu'ils font un retour sur les travaux en classe, ceux qui participent au projet les ont généralement terminés, ce qui n'est pas nécessairement le cas des autres», explique le directeur adjoint de la polyvalente, Marc-André Viens.

Des assises sur la persévérance scolaire se sont tenues ces derniers mois dans la plupart des régions du Québec, à l'initiative de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

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