Recherche - Les devoirs, c'est bien, s'il n'y en a pas trop

Les devoirs à la maison aideraient les écoliers à avoir de meilleures notes, à condition qu'ils ne croulent pas sous la charge de travail, selon une étude publiée aujourd'hui par le Conseil canadien sur l'apprentissage (CCA), un organisme qui conseille le gouvernement fédéral.

Le CCA donne raison à la règle développée par l'universitaire américain Harris Cooper, disant que la durée des devoirs ne devrait pas dépasser dix minutes par jour et par niveau scolaire. Par exemple, un élève de IIe secondaire ne devrait pas avoir à consacrer plus de 80 minutes par jour à ses devoirs.

Pour arriver à ce ratio, le CCA s'est penché sur les résultats de 18 études publiées entre 2003 et 2007 portant sur l'efficacité des devoirs dans les écoles primaires, secondaires ainsi qu'en première année de l'équivalent du cégep aux États-Unis et en Europe, le Canada n'ayant pas produit d'étude semblable pendant cette période.

L'étude a permis de produire 32 résultats différents. Les trois quarts de ces résultats montrent que les devoirs ont une influence positive sur la réussite de l'élève. Mais ils montrent aussi que cette influence est parfois difficile à mesurer, d'où l'existence d'études avec des résultats parfois très différents.

Par exemple, un élève de IIe secondaire en difficulté scolaire mettra plus de 80 minutes pour faire ses devoirs. Or, faire des exercices à la maison lui permettra de voir ses résultats scolaires s'améliorer à plus long terme.

Mais la règle ne s'applique pas aux élèves du primaire. Les devoirs n'auraient pas d'effet sur les résultats des élèves les plus jeunes.

De plus, certains types d'exercices seraient meilleurs que d'autres. Ainsi, trouver la valeur du carré de l'hypoténuse d'un triangle serait plus bénéfique à un écolier que d'apprendre par coeur une fable de Jean de La Fontaine. «Les devoirs qui exigent une participation active de l'élève, comme décider de la stratégie à adopter pour résoudre un problème de mathématiques, sont plus susceptibles d'être efficaces que la répétition par coeur, par exemple», conclut l'étude.

Un outil utile

Les auteurs veulent en fait compléter une étude phare de M. Cooper publiée en 2006 et qui a examiné systématiquement les études sur les devoirs à la maison parues entre 1987 et 2003. Ils arrivent aux mêmes conclusions que l'universitaire américain.

«Notre examen démontre que les devoirs peuvent être un outil d'apprentissage utile [...], mais comme n'importe quel outil, il faut les utiliser judicieuse-ment», a expliqué dans un communiqué de presse le président-directeur général du CCA, Paul Cappon.

On y apprend aussi que l'utilité des devoirs change selon l'époque et le climat politique ambiant. Ainsi, dans les années 1950, sous l'effet de la guerre froide et du lancement des satellites spoutniks par l'Union soviétique, les devoirs avaient la cote. L'opinion publique estimait que les écoliers américains devaient rattraper leur retard sur les écoliers soviétiques. Les devoirs furent ensuite critiqués pendant le milieu des années soixante, époque marquée par des idées plus libérales.

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