Politique - Peut-on prévoir les mesures exceptionnelles ?

Les États-Unis, en raison d'un certain 11 septembre 2001, ont inscrit pour longtemps la sécurité à l'ordre du jour des relations internationales. Depuis ce temps, de nombreuses études analysent cette question sous divers angles. En matière de sécurité, «En quoi l'École de Copenhague est-elle constructiviste?», se demandera-t-on à l'Acfas.

Étudiant au doctorat en sciences politiques à l'UQAM et chercheur associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, Sébastien Barthe n'a d'oeil que sur le vaste monde. Et c'est entouré d'un groupe de spécialistes que, au cours d'un débat, il abordera un autre «constructivisme».

Mais, d'abord, qu'en est-il au juste de cette École de Copenhague? «Il s'agit d'un ensemble d'auteurs qui écrivent sur plusieurs choses à la fois. En matière de sécurité, ils s'appuient sur deux axes. Pour le premier, l'École identifie cinq secteurs, soit la sécurité militaire, sociétale, écologique, économique et politique. Cet axe de recherche est important parce qu'il en arrive à une telle catégorisation.»

De son côté, le jeune chercheur explore le deuxième axe, qui est celui de la démarche sécuritaire: «Ils disent qu'une quelconque question dans la vie n'est pas, de manière inhérente, porteuse de sécurité; il faut que des gens construisent un enjeu autour de cette question pour lui conférer un caractère de sécurité. La démarche sécuritaire implique que des gens, qui possèdent une certaine légitimité et qui jouissent d'une écoute, identifient une menace en particulier et qu'ils proposent des solutions pour y faire face; il s'agit de mesures exceptionnelles qui dépassent, par exemple, le volet routinier de la politique.» Le Patriot Act adopté aux États-Unis après le 11 septembre 2001 cadre parfaitement avec de telles mesures.

De l'École au constructivisme

Après avoir clarifié ce point, M. Barthe en arrive à définir le constructivisme qui se situe lui aussi à l'intérieur de sa démarche: «Cette notion émane principalement de la sociologie. L'idée repose sur le fait que les individus ou les agents sociaux et leur environnement ou leur structure se "coconstituent". En d'autres termes, on est façonné par son environnement et, en retour, on le façonne également.»

Il poursuit: «C'est simple à expliquer de cette façon, mais on s'arrache beaucoup de cheveux à ce sujet sur la scène internationale, parce que, à partir de là, quelles sont les modalités de ce constructivisme? Comment peut-on savoir que tel est le monde? Et, par ailleurs, qu'est-ce que cette notion implique et qui sont les agents? On ne peut pas comprendre ceux-ci sans comprendre l'environnement dans lequel ils se trouvent et, de la même manière, si on ne comprend que l'environnement, on est incapable de prédire ce qui va se passer.» Tel est le fondement du constructivisme.

Ce deuxième élément étant à son tour défriché, il en arrive à poser la question: en quoi l'École de Copenhague est-elle constructiviste? «Quand on parle de l'École, on parle de la démarche sécuritaire principalement. On dit que celle-ci est constructiviste parce que la démarche sécuritaire, telle que définie par les auteurs importants de ce courant de pensée, repose sur des actes de langage: dire quelque chose, c'est le faire, donc, dire la sécurité, c'est la faire.»

Il précisera davantage sa pensée sur le plancher du congrès de l'Acfas.

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Collaborateur du Devoir

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- «En quoi l'École de Copenhague est-elle constructiviste?», le vendredi 15 mai à 9 heures.

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