Communications - Les TI et Internet sont devenus essentiels en Gaspésie

Le développement des technologies de l'information et d'Internet en Gaspésie et leur accès facile ont pour principaux avantages de décloisonner la région et d'occuper le territoire dans son ensemble. Voilà en substance ce que dira Danielle Lafontaine, professeure à l'UQAR, dans le cadre d'une communication intitulée «Usages des technologies de l'information et développement des communautés rurales: le cas de la Gaspésie».

Danielle Lafontaine est professeure au département société, territoires et développement de l'Université du Québec à Rimouski. La communication qu'elle donnera au colloque de l'Acfas portera sur une étude qu'elle a dirigée, en collaboration avec un collègue chercheur à l'UQAR, Yannick Melançon, intitulée «Technologies de l'information (TI), Internet et développement des milieux ruraux». Le but de ce travail était de mieux connaître les multiples utilisations de ces modes de communication par des organismes en Gaspésie.

Rapport à venir

Dans les faits, elle divulguera une partie des résultats de cette recherche, amorcée il y a près de deux ans avec l'appui financier de la Fondation communautaire de la Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine, puisque ce rapport ne sera achevé que le mois prochain. Mais qu'en est-il, dans l'ensemble?

«L'étude se concentre principalement sur les usages des technologies de l'information et d'Internet. Nous avons mené des observations sur la façon dont la trentaine d'organismes interrogés s'approprient et utilisent ces moyens technologiques. Et les résultats démontrent à quel point leur utilisation change la manière dont ces organismes communiquent avec leurs divers partenaires», souligne Danielle Lafontaine, également directrice du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l'est du Québec et codirectrice du Centre de recherche sur le développement territorial.

Les organismes

Les trente organismes (entreprises, OBNL, instances gouvernementales) ayant fait l'objet de cette recherche proviennent des cinq MRC de la Gaspésie, soit Rocher-Percé, Côte-de-Gaspé, Haute-Gaspésie, Bonaventure et Avignon. Ils sont issus de onze secteurs d'activité, dont ceux de la culture, de la santé, de l'éducation, du tourisme, des pêches, de la forêt et de la jeunesse.

Danielle Lafontaine note que le tiers de ces organismes profitaient déjà d'un accompagnement offert par le Centre francophone d'informatisation des organisations, qui, depuis mars 2006, a entrepris une démarche dans la Baie-des-Chaleurs (MRC Avignon et Bonaventure) intitulée «Des MRC innovantes: l'utilisation des TI et d'Internet en appui au développement rural». «Je vous dirais, dit-elle, que notre étude avait pour mandat aussi de jeter un regard sur l'action mené par le CÉFRIO dans la Baie-des-Chaleurs et de voir de quelle façon cet accompagnement se fait.»

Les informations recueillies auprès des organismes ont été obtenues par l'entremise d'un questionnaire assorti d'une centaine de questions regroupées par thème: le profil de l'organisation, le profil des usages des technologies de l'information et d'Internet, les obstacles et les retombées des TI et d'Internet, les partenariats et les usages des TI, la démarche «MRC Innovantes» du CÉFRIO ainsi que les besoins et d'autres perspectives. «Pour réaliser ce questionnaire, que je considère unique en son genre, nous avons recensé une douzaine d'enquêtes qui avaient été conduites sur ce sujet-là, entre autres par le gouvernement fédéral, Statistique Canada, Développement Économique Canada, le CÉFRIO ainsi que deux ou trois autres d'Europe.»

Habiter le territoire

Au-delà de l'aspect technique de cette recherche, Danielle Lafontaine raconte que, parmi les commentaires retenus, plusieurs «organismes nous ont dit que la technologie n'est pas la panacée, que les technologies ne remplacent pas les bonnes idées». Cela dit, dans une plus large perspective, les avantages du déploiement des TI et d'Internet sont immenses sur le plan de l'occupation du territoire rural et de son décloisonnement, rappelle-t-elle avec empressement.

«Écoutez, le déploiement des TI et d'Internet en milieu rural s'inscrit parfaitement dans les enjeux portant sur l'habitation des territoires, qui, soit dit en passant, est en train de se renouveler. C'est aussi une façon de les mettre en réseau entre acteurs et avec d'autres régions et d'autre pays.»

Une façon de les décloisonner? «Oui, voilà une ouverture sur le monde. Mais il reste encore du travail à faire. Et le cas de la Gaspésie est, à ce titre, très intéressant en raison de son vaste territoire, qui s'étend à la fois sur un long littoral et dans le haut pays. Avec ces technologies, on peut rester en région. On peut créer davantage de partenariats; quand autrefois il était question d'isolement, aujourd'hui il est question de travailler ensemble.»

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«Le cas de la Gaspésie», le mardi 12 mai à 16h20.

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Collaborateur du Devoir

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