Trois étudiants sur quatre font la grève à l'UQAM

C’est au tour des étudiants en gestion de choisir la grève comme moyen d’appuyer leurs professeurs.
Photo: Jacques Grenier C’est au tour des étudiants en gestion de choisir la grève comme moyen d’appuyer leurs professeurs.

La grève se généralise à l'Université du Québec à Montréal. Plus des trois quarts des étudiants de l'université du centre-ville sont en grève cette semaine, en appui aux revendications de leurs professeurs, qui complètent leur quatrième semaine de grève.

Fait très rare, les quelque 11 000 étudiants de gestion ont voté hier pour une grève d'une semaine afin d'appuyer les revendications de leurs professeurs. «Les salaires ne sont que la pointe de l'iceberg, on estime que les revendications des professeurs touchent l'amélioration des conditions d'étude», fait valoir le président de l'Association des étudiants des sciences de la gestion, Frédéric Tremblay.

Fait à noter, cependant, les étudiants en gestion n'ont pas l'intention de prolonger leur grève au-delà de mardi prochain, le 7 avril, et ce, peu importe l'issue des négociations entre l'Université et les professeurs.

Les étudiants en lettres et communications, en sciences humaines, en arts et en éducation ont quant à eux reconduit hier leur grève entamée pour la plupart la semaine dernière.

Ceux du module de sciences politiques se prononceront aujourd'hui sur la pertinence de reconduire leur grève. Seule la faculté des sciences échappe entièrement au mouvement de grève, l'association n'ayant pas réussi à obtenir une participation suffisante pour tenir un vote sur la grève.

Au syndicat des professeurs, on se réjouissait de voir l'appui des étudiants s'intensifier. «La communauté de l'UQAM se rassemble. On sent une cohésion face à la direction. L'Université ne peut balayer la problématique sur le tapis», fait valoir un des porte-parole du syndicat, Luc Bonenfant.

Depuis la reconduction de la grève des professeurs, vendredi dernier, les négociations se sont intensifiées entre la direction et le syndicat. L'«accompagnateur» du gouvernement ne participe cependant plus aux rencontres de négociations, qui ont parfois lieu jusqu'à deux fois par jour.

La nervosité augmente au fur et à mesure que les cours manqués s'accumulent, rendant la validation du trimestre plus complexe, et surtout plus coûteuse s'il faut le prolonger. «Cela devient problématique», fait valoir le porte-parole de la direction, Daniel Hébert.

Les demandes syndicales, soit l'embauche de 300 professeurs et des hausses salariales de l'ordre de 11,6 % sur trois ans, équivalent, selon l'évaluation de la direction, à une dépense récurrente d'environ 30 millions pour l'UQAM, déjà aux prises avec un déficit anticipé de 10,4 millions cette année.

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