Une autre semaine de grève à l'UQAM

Les professeurs de l’UQAM, appuyés par des employés de soutien et des étudiants, ont tenu plusieurs manifestations au cours des derniers jours.
Photo: Jacques Grenier Les professeurs de l’UQAM, appuyés par des employés de soutien et des étudiants, ont tenu plusieurs manifestations au cours des derniers jours.

C'est reparti pour une autre semaine de grève à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Les 980 professeurs ont voté hier contre l'offre formulée par l'UQAM et le gouvernement. L'UQAM entend prendre tous les «moyens nécessaires» pour que les cours donnés par des chargés de cours soient dispensés à partir de lundi.

C'est par une majorité de 90 % que les 608 professeurs présents à l'assemblée générale hier ont rejeté l'offre patronale. Celle-ci comprenait une augmentation de 4 % (2 % de rattrapage salarial et 2 % d'indexation) et la formation d'un comité de travail qui aurait discuté pendant sept mois de la tâche des professeurs et de l'organisation du travail. La direction assurait en outre l'embauche de 25 professeurs d'ici au 1er juin.

«Cette proposition d'un comité de travail a fait bondir l'assemblée. C'est une façon de dire possiblement "vous ne travaillez pas assez", "vous devriez donner un cinquième cours par année"», a fait valoir la présidente du Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ-CSN), Michèle Nevert.

Elle qualifie de «mépris total» l'offre de rattrapage salarial de 2 % cette année, alors qu'une étude commandée par l'UQAM révèle que les professeurs de l'UQAM gagnent en moyenne 5 % de moins que ceux du Réseau UQ et 10 % de moins que dans l'ensemble des universités québécoises.

Les professeurs ont donc reconduit pour une autre semaine leur grève, dans une proportion de 83 %, ce qui porte le compte total à près de trois semaines. La présidente du syndicat n'hésite pas à évoquer la possibilité de mettre en péril la session. «La seule menace que les profs puissent utiliser, c'est celle-là. Il est possible qu'il n'y ait pas de validation de la session si la convention collective n'est pas réglée», a lancé Mme Nevert.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui s'était mêlée aux négociations au cours de la dernière semaine, déléguant notamment un négociateur du conseil du travail, a dit être «déçue» du rejet des offres. «Ma première préoccupation concerne les étudiants de l'UQAM. L'objectif que nous visons est de préserver la session qu'ils ont commencée.» Mme Courchesne a ajouté dans un communiqué que les offres «ont été faites par la direction dans un contexte économique pourtant difficile pour bien des Québécois».

La décision syndicale a été qualifiée de «regrettable» par le porte-parole de la direction, Daniel Hébert. L'UQAM durcit le ton et promet de «prendre toutes les mesures nécessaires pour que les employés et les étudiants puissent accéder à leur lieu d'étude et de travail en toute sécurité», a indiqué M. Hébert, qui n'écarte pas la possibilité de demander une injonction limitant le piquetage. La semaine dernière, tous les cours ont dû être suspendus deux jours en raison du piquetage.

Quant aux cours manqués en raison de la grève, il reviendra à la commission des études de déterminer les mesures pédagogiques nécessaires à la validation de la session, a précisé M. Hébert.

Signe que la direction a été prise de court par le refus, on a dû annuler in extremis la séance extraordinaire du conseil d'administration convoquée jeudi soir pour entériner une éventuelle entente.

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