Luce Samoisette dirigera l'Université de Sherbrooke

Le cercle des femmes rectrices s'agrandit. Pour la première fois, une femme prendra la tête de l'Université de Sherbrooke. Spécialiste de droit fiscal et ancienne vice-rectrice à l'administration, Luce Samoisette a été élue hier au rectorat pour un mandat de cinq ans.

Après des années de croissance et de développement effréné, marquées par une augmentation de clientèle annuelle moyenne de 6 %, voici venue l'ère de la consolidation. Voilà comment la nouvelle rectrice élue hier, Luce Samoisette, perçoit le principal défi de son mandat.

«On a eu de grands développements, qui étaient nécessaires pour notre université, c'est essentiel qu'on ne laisse pas aller cela pour les prochaines années. Il faut qu'on organise cela», a expliqué en entrevue Mme Samoisette, peu après sa nomination par l'assemblée universitaire.

Dès son entrée en poste, elle souhaite convier les intervenants de la communauté universitaire à une consultation sur un plan stratégique. Les neuf facultés seront invitées à établir «l'ampleur optimale» de leurs programmes ainsi que les services offerts, explique Mme Samoisette.

C'est qu'après de fortes hausses de clientèle, on veut éviter une crise de croissance. «Il faut bien organiser cette croissance. Quand on doit trouver des stages à tous ces étudiants, il faut faire attention pour maintenir la qualité, ce qu'on a réussi à faire jusqu'à maintenant», poursuit Mme Samoisette.

Le défi est d'autant plus grand que la moitié du corps professoral devrait prendre sa retraite d'ici 10 ans.

Titulaire d'une maîtrise en fiscalité de l'Université de Sherbrooke et d'une autre en droit de l'Université de Toronto, Mme Samoisette a amorcé sa carrière de professeure de droit fiscal dans son alma mater en 1993. Elle a rapidement pris des fonctions de gestion, dès 1996. Secrétaire-générale puis vice-rectrice à l'administration de 1998 à 2007, Mme Samoisette était ensuite retournée à l'enseignement en sciences comptables et fiscalité. Elle a devancé dans la course au rectorat le vice-recteur à la communauté universitaire et aux relations internationales, Louis Marquis.

Mme Samoisette prendra donc la relève, le 1er juin, du flamboyant recteur Bruno-Marie Béchard, dont elle a été le bras droit pendant six ans. C'est avec une certaine «fierté» qu'elle devient la première femme à diriger l'université. «L'important pour moi, c'est la compétence des gens. Il faut de plus en plus de femmes à de tels postes», soutient la nouvelle rectrice.

Elle se définit comme une gestionnaire «à l'écoute des gens, en mode résolution des problématiques», qui réussit généralement à susciter «l'adhésion» de ceux avec qui elle travaille.

Elle succédera à Bruno-Marie Béchard, ingénieur de formation, qui était recteur depuis 2001.

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