Une étude confirme que les professeurs sont moins payés qu'ailleurs - UQAM: Québec délègue son spécialiste des cas difficiles

Des étudiants ont appuyé hier les professeurs en grève de l’UQAM. Il faut dire que le congé forcé s’est étendu hier à tous les étudiants, puisque la direction a suspendu l’ensemble de ses cours, y compris ceux donnés par des chargés de co
Photo: Jacques Nadeau Des étudiants ont appuyé hier les professeurs en grève de l’UQAM. Il faut dire que le congé forcé s’est étendu hier à tous les étudiants, puisque la direction a suspendu l’ensemble de ses cours, y compris ceux donnés par des chargés de co

Plusieurs centaines de professeurs, appuyés par des étudiants et d'autres salariés, ont formé hier une chaîne humaine autour du campus en signe de solidarité. En parallèle, des pourparlers ont cours non seulement avec la direction, mais aussi avec un négociateur du gouvernement, à la lumière d'une étude comparative qui donne raison aux professeurs de l'Université du Québec à Montréal, qui se plaignent d'être sous-payés.

Au moment même où une étude externe donne raison sur presque toute la ligne au Syndicat des professeurs de l'Université du Québec à Montréal (SPUQ), le gouvernement a dépêché un négociateur du Conseil du trésor pour faciliter un règlement.

L'étude comparative menée par la firme-conseil Aon conclut que les professeurs de l'UQAM sont nettement moins bien payés que leurs collègues des autres universités, et ce, même lorsqu'on tient compte de la charge de travail et des autres conditions de travail. «La rémunération des professeurs de l'UQAM est d'au moins 10 % inférieure à ce qui se pratique dans les universités du Québec. Nous dirions aussi que la charge de travail n'y paraît pas moindre», a conclu la firme-conseil, mandatée par la direction de l'université pour comparer les conditions de travail, comme l'exigeait la ministre de l'Éducation.

L'écart est toutefois d'environ 5 % lorsqu'on considère uniquement les établissements du réseau de l'Université du Québec. L'étude note cependant que la convention collective des professeurs de l'UQAM est plus précise quant aux primes, aux dégrèvements et aux congés, ce qui laisse une «discrétion moins grande» à la direction.

Le négociateur du Conseil du trésor, Gilles Charland, a été affecté au dossier au cours des derniers jours pour faciliter les discussions. Cet «accompagnateur», habitué des négociations difficiles, a proposé de reporter le règlement définitif du conflit en créant un «comité sur la tâche professorale» dont le mandat s'échelonnerait sur une période d'un an.

«On n'a pas pris cela au sérieux. On ne va pas repasser un an à s'interroger sur la tâche du professeur, comme si les choses n'étaient pas encore parfaitement claires», a commenté hier la présidente du SPUQ, Michèle Nevert. Le syndicat aurait souhaité au préalable qu'on effectue immédiatement une portion du «rattrapage salarial» sur les salaires en vigueur dans les autres universités et qu'on procède à l'embauche d'un certain nombre de nouveaux professeurs.

«Je pense que le dialogue n'est pas rompu avec le gouvernement du Québec. On verra ce qu'ils ont à proposer et on évaluera cela à sa propre valeur», a pour sa part indiqué Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, qui a rencontré Michelle Courchesne, ministre de l'Éducation, vendredi soir dernier pour discuter du conflit.

«Il y a eu des pourparlers depuis la fin de semaine entre le gouvernement, l'UQAM, la CSN et le SPUQ. [...] Les échanges se poursuivent», note Daniel Hébert, directeur des communications de l'université.

Au cabinet de la ministre Courchesne, on n'a pas voulu commenter la nature des échanges ou le contenu du rapport Aon. On précise toutefois que la participation directe d'un négociateur du Conseil du trésor découle de l'entente sur le financement conclue entre la ministre et l'UQAM en décembre.

Intensification du conflit

La grève s'intensifiait par ailleurs hier, les lignes de piquetage des professeurs devenant plus étanches, laissant moins facilement passer les étudiants venus assister à des cours dispensés par des chargés de cours. La direction de l'UQAM a décidé de suspendre jusqu'à hier soir tous les cours «afin d'assurer la sécurité des personnes et d'éviter les confrontations». L'UQAM devrait annoncer ce matin si les cours (du moins ceux donnés par des chargés de cours) reprendront aujourd'hui.

Après cinq journées de grève perlée et une grève d'une semaine complète, les quelque 950 professeurs feront le point demain en assemblée générale. «La mobilisation est très forte. Avec la sortie du rapport Aon, on voit mal comment elle peut s'étioler», assure Michelle Nevert, présidente du SPUQ.

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