Très coûteux, le décrochage scolaire

À 20 ans, près du tiers des jeunes n'ont pas leur diplôme de secondaire, ce qui entraîne un coût de près de deux milliards pour la société.

La faible scolarisation se traduit par des salaires moins élevés, moins d'impôts payés, une moins bonne santé, une espérance de vie moindre, davantage de périodes de chômage, des risques de dépression plus élevés et une plus faible participation civique. Il est coûteux, le décrochage scolaire, rappelle le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires.

«C'est comme si le gouvernement signait chaque année une hypothèque de 1,9 milliard de dollars», peut-on lire dans le rapport rendu public hier. Cette somme équivaut aux taxes et impôts non perçus par l'État ainsi qu'aux dépenses sociales additionnelles associées à une moins bonne scolarisation. Chaque décrocheur (qui ne retourne pas à l'école par la suite) entraînerait ainsi un manque à gagner de 120 000 $ pour le gouvernement.

«Agir [pour contrer le décrochage] coûte cher, mais ne pas agir coûterait nettement plus cher. C'est au-dessus de nos moyens», lance Jacques L. Ménard, à l'origine du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires.

On estime qu'une personne sans diplôme d'études secondaires gagnera en moyenne au cours de sa vie 439 000 $, soit 15 000 $ de moins par année.

Dans chaque cohorte, environ 28 000 jeunes n'ont pas de diplôme à 20 ans. De ce nombre,

13 500 sont définitivement des décrocheurs, tandis que 14 500 retourneront sur les bancs d'école. Avec un taux de diplomation de seulement 69 % à l'âge de 20 ans, le Québec figure au neuvième rang des provinces canadiennes, tandis que le Canada est lui-même seulement 16e parmi les pays industrialisés.

Si la persévérance scolaire est rentable d'un point de vue économique, elle l'est aussi du point de vue de la participation civique. Ceux qui n'ont pas complété leur diplôme semblent beaucoup moins actifs dans la communauté. Ils sont par exemple beaucoup moins nombreux à voter (52 %) ou à faire du bénévolat (9 %) que ceux qui ont, par exemple, un diplôme secondaire, qui enregistrent un taux de vote de 67 % et de bénévolat de 19 %. La différence est encore plus marquante pour les diplômés universitaires (84 % pour le taux de vote et 43 % pour le bénévolat).

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