Commission scolaire Marie-Victorin - Trois écoles primaires fermeront pour éviter d'éparpiller les ressources

La Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) s'est résolue à fermer trois écoles primaires plutôt que de se livrer à des pirouettes budgétaires pour gérer la décroissance démographique. C'est ce qu'a fait valoir hier le directeur général de la commission scolaire longueuilloise, André Byette, au lendemain d'un conseil des commissaires fort émotif auquel ont assisté quelque 700 parents inquiets.

«On a voulu éviter de faire comme plusieurs autres organisations, où des directions gèrent deux ou trois écoles. [...] Nos croyances, c'est qu'il y ait un regroupement d'élèves significatif pour être capables de maintenir une direction d'école à temps complet, une secrétaire, des services de psychologie, d'orthophonie. Cela prend un minimum de 250 à 300 élèves. À la fin du plan [de cinq ans], on aurait eu des écoles de 100 à 140 élèves», explique M. Byette.

Des neuf écoles menacées de fermeture depuis l'été, le couperet est tombé mardi sur deux écoles du Vieux-Longueuil, Samuel-de-Champlain (qui compte 227 élèves) et Jean-de-Lalande (avec 302 élèves), et une autre de Saint-Hubert, l'école des Quatre-Vents (280 élèves). Le pavillon Deslandes de l'école primaire d'Iberville, qui accueille 85 élèves, sera également fermé.

Plusieurs établissements beaucoup plus petits subsistent pourtant à travers le Québec. Au ministère de l'Éducation, on recense 574 petites écoles de 100 élèves ou moins. Au cours des cinq dernières années, 134 écoles ont fermé leurs portes.

À la CSMV, on précise que les fermetures d'école ne risquent pas de dévitaliser des secteurs, puisqu'une majorité des élèves pourra continuer de marcher pour se rendre à sa nouvelle école.

Les fermetures généreront des économies de 3,5 millions sur cinq ans. D'autres compressions, de l'ordre de 17,5 millions, devront encore être effectuées d'ici 2014 pour maintenir l'équilibre budgétaire en dépit de la baisse démographique de quelque 7600 élèves. «On regarde toutes les autres avenues que les services aux élèves», assure M. Byette.

Cet exercice aurait dû être fait avant d'envisager des fermetures d'écoles, lance amèrement la présidente du comité de parents de la commission scolaire, Nicole Bastien, qui a elle-même fait cabale ces derniers mois, avec succès, pour la survie de son école. «J'aurais préféré qu'on fasse l'étude des différents postes budgétaires avant; peut-être qu'on n'aurait pas fermé trois écoles et un pavillon. C'est triste», déplore Mme Bastien, également présidente du conseil d'établissement de l'école Sainte-Claire.

Le Syndicat de l'enseignement de Champlain craint de son côté pour le maintien des services dans les écoles restantes, vu le contexte budgétaire difficile. «Le gouvernement offre un financement spécial pour les écoles montréalaises; il pourrait y en avoir un pour les écoles longueuilloises, qui vivent de plus en plus des problèmes semblables à celles de Montréal», fait valoir le président du SEC, Éric Gingras.

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