Intégration d'élèves en difficulté - Les enseignants réclament plus de moyens de Québec

«Très, très peu de choses ont été faites», a ainsi déploré la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), Manon Bernard, rappelant que les moyens manquent toujours aux enseignants qui ont à composer avec ces élèves, qui représenteraient 16 % de la population scolaire. «Le message qui est envoyé, c'est que tout doit reposer sur les épaules des enseignants», a-t-elle soutenu.

Appliquer la loi

«Ce qu'on demande, a poursuivi Mme Bernard, c'est une application stricte des articles 234 et 235 de la Loi sur l'instruction publique. On considère que ces articles ne sont pas appliqués.» Ladite loi stipule en fait que la commission scolaire a l'obligation d'évaluer les besoins et les capacités de l'élève avant de procéder à l'intégration. «Mais pour nous, ce n'est pas fait. On demande donc des modifications à la loi ou un suivi beaucoup plus serré auprès des commissions scolaires.»

«De la même façon, on souhaite qu'on prenne en compte ce qu'est une "contrainte excessive" et ce qui porte atteinte aux droits des autres élèves, avant de décider d'intégrer un élève», a aussi précisé Mme Bernard, lors du lancement du guide Référentiel: les élèves à risque et EHDAA.

Fruit d'une recherche de la spécialiste de la question des élèves en difficulté Pauline Ladouceur, ce document devrait aider les enseignants à mieux cerner les différentes catégories de difficultés et de handicaps, et ainsi mieux les comprendre et demander le soutien approprié à chaque cas.

Ressources insuffisantes

Car le problème pèse lourd pour plusieurs, selon les commentaires recueillis hier. C'est le cas de cette enseignante du primaire qui compte pas moins de sept élèves sous médication pour contrôler différents troubles de comportements ou psychologiques, sur un total de 21. «Les ressources ne sont vraiment pas suffisantes, a-t-elle expliqué sous couvert de l'anonymat. C'est toujours à moi de tout faire. Pourtant, il faudrait fournir beaucoup plus de services directs aux élèves, et non pas se contenter de donner quelques outils aux enseignants. Mais prenez l'orthopédagogue ou le psychologue. Il est habituellement là une ou deux journées par semaine.»

Il n'a pas été possible d'obtenir de précisions sur l'implantation du plan auprès de Québec hier. Annoncé en juin 2008, il prévoit d'abaisser de 20 % le nombre d'élèves par classe de la troisième année du primaire à la première secondaire, dans les milieux défavorisés. La mesure devrait être implantée progressivement à partir de l'automne 2009. Le gouvernement libérera par ailleurs les enseignants ponctuellement pour des concertations avec des spécialistes. Le plan ne prévoit cependant pas l'ajout de nouveaux spécialistes dans les écoles.

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