Génie pour filles

L'École polytechnique de Montréal inaugurait hier son premier baccalauréat en génie biomédical, un programme qui semble d'ores et déjà attirer davantage de filles. Démarrée en septembre dernier, cette nouvelle formation multidisciplinaire de premier cycle compte 63 % d'étudiantes. Pourtant, les femmes ne représentent actuellement que 11 % des membres de l'Ordre des ingénieurs du Québec.

Serait-ce la fin de l'hégémonie masculine à la Polytechnique? «On savait que c'était un programme qui était pour attirer plus de filles. Le programme de génie biomédical de deuxième et troisième cycles compte environ 40 % de jeunes femmes», a soutenu Pierre Savard, le responsable de ce nouveau baccalauréat. «On comprend que vous avez un intérêt pour l'être humain», a noté M. Savard en s'adressant aux 26 étudiantes de la première cohorte de génie biomédicale présentes à la cérémonie d'inauguration.

«Je voulais faire quelque chose de concret», a expliqué Alexandra Thibeault-Eybalin, qui a commencé sa formation à l'automne dernier. «C'est un bon programme. Tu peux travailler en gestion d'équipement et être en lien avec le système de santé. Il y aura toujours des gens malades.»

Ce nouveau baccalauréat de quatre ans visera à former des ingénieurs qui se destineront à travailler dans des entreprises vouées au développement d'équipements biomédicaux ainsi que dans les établissements de santé. Intégrant le génie, la biologie et la médecine, l'ingénieur biomédical peut notamment concevoir des prothèses, travailler à la régénération des cartilages ou d'implants osseux, ou développer tout autre produit pour le diagnostic et le traitement des maladies.

Présente à la cérémonie, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a tenu à souligner ce «moment historique» et a salué l'excellence des 41 étudiants sélectionnés au terme de ce programme contingenté qui exigeait une cote R de plus de 32,8. «Lorsque vous allez un jour fabriquer cet homme ou cette femme bionique [...] dont l'espérance de vie sera d'au-delà de cent ans, vous vous souviendrez que vous aurez fait partie de la première cohorte du programme de génie biomédical», a-t-elle lancé à l'assemblée. La ministre a réitéré l'engagement du gouvernement de toujours «lutter pour aller chercher des budgets de recherche et d'innovation».

En gestation depuis cinq ans, le programme n'a pas bénéficié de subventions additionnelles pour son démarrage, mais il profitera d'un montant de 700 000 $, déjà prévu par l'École polytechnique pour la construction de nouveaux laboratoires, ainsi que de l'embauche d'au moins quatre nouveaux professeurs.

«On veut que le programme demeure contingenté à 45 étudiants. On est limités par la capacité des laboratoires, mais comme c'est également une formation exigeante, on veut attirer des étudiants de très bon niveau. La marché de l'emploi n'est pas si grand que ça», a expliqué M. Savard.

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