Conservatoire de musique et d'art dramatique - À chaque élève, son maître !

La nouvelle façade du Conservatoire de musique et d’art dra-matique à Montréal sera bientôt achevée.
Photo: La nouvelle façade du Conservatoire de musique et d’art dra-matique à Montréal sera bientôt achevée.

Depuis sa création en 1942, le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec a largement contribué à l'effervescence du milieu culturel de la province. Sorte de pouponnière artistique, l'établissement a accouché de centaines de talents au fil des années. Très ancré dans la modernité de la pratique de l'art dramatique et des arts de la scène, l'établissement est aussi une école fondée sur la classique relation maître-élève qui caractérise les conservatoires du monde entier.

«Le Conservatoire, c'est une école de formation très spécialisée en musique et en art dramatique. C'est un réseau de neuf établissements, dont toutes les écoles sont assises et basées sur la même démarche pédagogique. L'objectif du conservatoire est ultimement de former des artistes de la scène, des artistes professionnels», explique d'emblée Nancy Bélanger, responsable des communications au Conservatoire.

Fondé au début des années 1940 par Wilfrid Pelletier, l'établissement dispense aux quatre coins de la province un enseignement de qualité supérieure. En musique, on y propose des cours échelonnés sur cinq cycles, qui correspondent à des niveaux s'apparentant aux études primaires, secondaires, collégiales et universitaires. En art dramatique, les classes offertes constituent l'équivalent d'un programme de premier cycle universitaire.

Une démarche personnalisée

Si, en matière de résultats, l'établissement est comparable aux meilleures écoles de musique et d'art dramatique, c'est dans le type d'enseignement dispensé que réside la spécificité du Conservatoire.

«La démarche maître-élève remonte à l'école des constructeurs de cathédrales. Cela implique que quelqu'un transmette son savoir à quelqu'un d'autre et suppose que c'est le même maître qui suit son élève durant toute sa formation. Ce n'est pas un système dans lequel on peut avoir des chargés de cours, par exemple. C'est le même groupe de professeurs qui suit les élèves durant tout le cursus pédagogique en art dramatique et en musique, c'est souvent le même enseignant qui se charge de toute la formation», explique André Jean, aujourd'hui directeur du conservatoire de Québec, après y avoir enseigné l'histoire du théâtre pendant plusieurs années.

Dans tous les établissements du réseau, la relation entre le maître et l'élève est très fortement encouragée et favorise un rapport privilégié entre le maître et l'apprenti, afin de permettre un travail en profondeur qui soit adapté à l'évolution de chacun des élèves. De cette façon, l'élève suit une progression constante et la période d'acclimatation au professeur n'a lieu qu'une fois.

«Au Conservatoire, il y a une volonté de ne pas découper l'élève en morceaux. Si on prend l'exemple de l'université, les cours peuvent être interchangeables. En art dramatique, on peut faire son cours de voix en première année, son cours de mouvement en deuxième, alors que, dans une formule maître-élève, l'ordre des cours est extrêmement important. C'est un peu ce que le ministère appellera la pédagogie transversale, avant l'heure. On intègre les matières pour faire en sorte d'éviter l'élève découpé, pour que les cours aient une incidence les uns sur les autres», précise André Jean.

Avec ce type de formule, on incite les élèves à accorder aux réflexions émises par leurs professeurs une plus grande importance qu'aux notes allouées pour leurs performances. C'est ce que souligne M. Jean: «Oui, les élèves ont une note, mais très peu se soucient d'aller voir leur bulletin. C'est l'appréciation globale qui compte. Les commentaires formulés à l'intention de l'élève sont beaucoup plus importants pour la poursuite de sa formation que la note en soi.»

Une sélection rigoureuse

Sans exception, peu importe la discipline, les élèves souhaitant profiter de l'enseignement particulier du Conservatoire doivent passer par un processus de sélection rigoureux.

En art dramatique, les élèves potentiels passent d'abord une première audition, après quoi un certain nombre de candidats sont retenus. Ceux-ci participent à un stage d'une fin de semaine intensive, au terme duquel ils doivent refaire une des deux scènes préparées pour l'audition initiale. L'audition finale se passe devant un jury, qui détermine quels seront les 10 ou 12 élèves choisis.

En musique, les candidats intéressés doivent aussi passer une audition, lors de laquelle on jugera leur degré d'habileté. Les élèves sont admis au mérite et en fonction des places disponibles.

Seul un nombre très restreint d'élèves sont acceptés chaque année au Conservatoire. Mme Bélanger soutient qu'il s'agit d'un impératif: «On prend un nombre restreint d'élèves et on n'a pas le choix. La structure d'enseignement est très personnalisée et il faut travailler très fort avec les élèves qu'on admet. Il faut assumer la responsabilité d'emmener les élèves aussi loin que possible dans leurs intérêts et leurs capacités, et cela ne peut pas se faire avec de grands groupes.»

Au bénéfice du public

La prestation devant public faisant partie intégrante de la formation au Conservatoire, les élèves doivent régulièrement se produire sur scène. Au bénéfice des mélomanes et des amateurs de théâtre, la majorité de ces spectacles sont offerts gratuitement.

«Les élèves du conservatoire de musique se produisent en petit ensemble, en orchestre, dans le choeur ou en soliste. Il y a des centaines de concerts qui sont offerts chaque année. Je dirais que 98 pour cent d'entre eux sont gratuits! En art dramatique, en troisième année, les élèves montent quatre pièces et se produisent aussi devant un public. Pour les gens qui aiment le théâtre, c'est vraiment une aubaine», lance Nancy Bélanger.

Pour accueillir ces productions, le Conservatoire de musique et d'art dramatique de Montréal, qui a maintenant domicile fixe sur le Plateau Mont-Royal, vient tout juste d'inaugurer son nouveau théâtre. La première pièce à être jouée sur ses planches sera Vie et mort du roi boiteux, laquelle est présentée jusqu'au 31 janvier prochain. L'entrée est gratuite, mais on doit se procurer des laissez-passer au 4750, avenue Henri-Julien, avant la représentation.

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Collaboratrice du Devoir

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Pour plus d'information: www.conservatoire.gouv.qc.ca

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