Prêts étudiants - Les jeunes Canadiens ont une dette de 13 milliards

L'endettement des jeunes canadiens envers le programme fédéral de prêts étudiants a franchi hier le cap des 13 milliards, un record historique qui inquiète la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants. Le regroupement presse donc Ottawa à jouer un rôle plus important dans le financement de l'éducation postsecondaire.

«Ce sont les étudiants et les familles qui ont les moyens financiers les plus serrés qui portent le fardeau d'une dette totalisant 13 milliards, a fait valoir hier sa présidente, Katherine Giroux-Bougard. Cribler une génération d'étudiants de milliards de dollars de dettes aura des répercussions lourdes de conséquences sur l'économie et l'équité socioéconomique au Canada.»

Selon les données de Ressources humaines et Développement social Canada, près de 360 000 personnes ont un prêt étudiant du fédéral, en majorité des femmes et des jeunes âgés de moins de 21 ans. La plupart le contractent pour payer des études universitaires de premier cycle. La dette moyenne dépasse les 11 300 $, mais le quart des emprunteurs doivent plus de 15 000 $.

De plus, le chiffre de 13 milliards ne tient pas compte de quelque cinq milliards en prêts étudiants provinciaux ou dettes personnelles, que ce soit les montants dus pour les cartes de crédit ou les prêts bancaires.

Or, estime Mme Giroux-Bougard, ce fardeau constitue un «problème collectif», puisqu'il retarde les projets des jeunes diplômés, comme le fait de fonder une famille, de s'acheter une maison ou encore d'épargner pour la retraite. De plus, la présidente de la Fédération canadienne des étudiants croit que le poids de leur dette peut en forcer certains à combiner plusieurs emplois, ou encore à opter pour un domaine plus payant que celui dans lequel ils ont étudié.

Le regroupement propose donc à Ottawa quatre solutions pour s'attaquer au problème. On exige d'abord une augmentation de 1,2 milliard par année du Transfert canadien en matière de programmes sociaux pour l'éducation postsecondaire. On demande également un plus grand appui pour les étudiants autochtones et une hausse du financement des emplois d'été qui leurs sont destinés.

«La meilleure façon de contrer l'actuel ralentissement économique est d'investir dans les programmes sociaux, surtout en éducation postsecondaire, a d'ailleurs plaidé Mme Giroux-Bougard. L'éducation postsecondaire publique doit être considérée comme un mégaprojet de travaux publics qui produira des bénéfices pendant des décennies à venir.»

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