Résultats québécois aux tests internationaux en sciences et mathématiques - Il faut continuer à réformer la réforme, disent les enseignants

«Après avoir insisté pendant plusieurs années sur les redressements nécessaires à apporter, nous ne pouvons que demander une fois de plus au gouvernement qu'il poursuive les travaux amorcés pour réformer la réforme, dit le communiqué émis hier. Par ailleurs, le ministère de l'Éducation devra mieux baliser l'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires et en établir les limites, diminuer le nombre des élèves par classe et revoir la politique d'évaluation des apprentissages.»

L'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences (TEIMS 2007), dont les résultats viennent de paraître, permet de comparer les résultats des élèves du deuxième secondaire de

49 pays. En sciences, les jeunes adolescents québécois (une des premières de la réforme) tombent du 10e au 19e rang et obtiennent leur plus bas score provincial depuis 1995. En mathématiques, le recul fait passer le groupe de la sixième à la huitième place.

La tendance se renverse avec les petits Québécois de quatrième année, qui réussissent mieux que leur aînés du test mondial de 2003. Cette cohorte du primaire gagne quelques points en maths (de 506 à 519) et en sciences (de 500 à 517), sans atteindre les scores de 1995. Les résultats se situant entre 475 et 549 sont considérés par les enquêteurs comme intermédiaires, sur une échelle prévoyant aussi un rendement inférieur (bas) et deux niveaux supérieurs (élevé et avancé).

Les chercheurs Normand Péladeau et Steve Bissonnette, cités hier dans Le Soleil, estiment qu'effectivement les modifications apportées à la réforme québécoise au cours des dernières années pourraient expliquer le renversement de tendance. Des changements permettent par exemple maintenant aux enseignants de choisir plus librement la matière transmise.

Fait à noter, par contraste, le rendement des élèves de 4e et de 8e année de l'Ontario n'a pratiquement pas bougé depuis 1995. Les scores de ces jeunes voisins s'avèrent d'ailleurs généralement similaires à ceux du Québec en mathématiques au primaire, mais inférieurs au secondaire. En sciences, les Ontariens obtiennent de meilleurs résultats que les Québécois. Dans tous les cas, quelques pays asiatiques (Hong Kong, Singapour, Japon, Corée, Chine-Taipei) occupent les positions de tête.

L'Alberta et la Colombie-Britannique ont également participé à l'étude. Le projet Tendances de l'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences découle d'une enquête mondiale coordonnée par l'Association internationale l'évaluation des acquis scolaires (IEA).

Le ministère de l'Éducation n'a émis aucun commentaire.

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