Ottawa - Compressions dans les arts: un affront pour la qualité de l'éducation en Ontario

Les enseignants francophones d'Ontario s'insurgent contre les compressions draconiennes envisagées dans les arts par la Ville d'Ottawa. Selon eux, ces réductions influeront sur la qualité de l'enseignement des jeunes Franco-Ontariens de toute la province, en brimant l'accès au théâtre et à l'histoire offert par l'entremise des programmes scolaires.

«Les arts jouent un rôle essentiel dans le développement de l'enfant. C'est d'autant plus vrai dans un contexte minoritaire où l'école ne peut nourrir à elle seule le développement identitaire des jeunes francophones», affirme Benoît Mercier, président de l'Association des enseignants et enseignantes franco-ontariens (AEFO).

Hier, l'association des professeurs ontariens a joint sa voix aux nombreux groupes qui dénoncent ces jours-ci le projet de redressement financier de la Ville d'Ottawa. Ce projet vise à sabrer près de six millions dans les programmes de soutien à la culture, ce qui se traduirait par une baisse de 42 % des subventions accordées aux principaux théâtres et de 100 % aux lieux historiques et patrimoniaux fréquentés par de nombreux écoliers.

L'AEFO exhorte le conseil municipal à voter contre ce projet le 5 décembre prochain.

Selon Benoît Mercier, la fréquentation des quatre institutions théâtrales francophones concentrées à Ottawa joue un rôle-clé chez les jeunes élèves ontariens de souches francophones. Plus qu'un divertissement, les sorties au théâtre offertes dans le cadre des programmes scolaires s'avèrent une occasion pour les jeunes de découvrir les artistes ontariens et de s'identifier à la culture francophone. «C'est là une leçon qui ne s'apprend pas entre les quatre murs de l'école», dit-il.

En coupant les vivres aux théâtres, la ville d'Ottawa ne prive pas que les élèves de la capitale nationale, mais l'ensemble des élèves franco-ontariens, puisque les productions créées par les troupes associées au groupe La Nouvelle Scène font souvent l'objet de tournées dans tout l'Ontario.

L'AEFO soutient que certains lieux patrimoniaux, comme le Muséoparc Vanier, jouent aussi un rôle important dans les activités éducatives des écoles. L'an dernier, cet organisme avait permis la diffusion dans toute la province d'une exposition axée sur toute l'histoire de la communauté franco-ontarienne.

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