Îlot Voyageur: l'UQAM n'aura plus à supporter le poids des intérêts à payer

Québec place dans une fiducie 200 millions de dollars pour «tenir l'Université du Québec à Montréal indemne des conséquences financières de l'îlot Voyageur». Les intérêts réalisés sur le montant en fiducie pourront être utilisés pour assumer les frais encourus par l'UQAM en attendant que le ministère des Finances termine les négociations afin de dégager l'université de ce bourbier financier. Le ministère de l'Éducation s'engage de plus à verser une subvention additionnelle si les intérêts de la fiducie s'avéraient insuffisants pour couvrir les frais financiers.

Contexte électoral oblige, l'annonce a été faite en début de soirée hier, après que Le Devoir eut découvert que le montant de 245 millions annoncé par la ministre de l'Éducation le 9 octobre dernier n'avait toujours pas été versé à l'UQAM et interrogé le cabinet de la ministre à ce sujet. À ce jour, les subventions conditionnelles de 65 millions et les 180 millions promis pour éponger la dette liée à la construction du Complexe des sciences n'ont pas été versés, ce qui entraîne des frais d'intérêt de 27 000 $ par jour. Des questions avaient aussi été posées sur les frais financiers qui s'accumulaient dans le dossier de l'îlot Voyageur depuis plus d'un an. Au cabinet de Michelle Courchesne, on a assuré que ces frais d'intérêt seraient assumés par le gouvernement.

Cette aide s'ajoutera à l'engagement pris en septembre 2007 par le gouvernement de faire en sorte que l'UQAM ne soit pas touchée par les conséquences financières de l'îlot Voyageur. Mais voilà, les modalités de cette aide n'étaient toujours pas connues jusqu'à hier, et les frais financiers continuaient de s'accumuler sur la marge de crédit de l'UQAM. Ce flou inquiétait d'autant plus à l'UQAM que les négociations entre le promoteur immobilier Busac et le ministère des Finances semblaient pouvoir traîner en longueur. Le Devoir révélait d'ailleurs en octobre que les deux parties n'avaient pas encore commencé à négocier sur le montant des pénalités liées au retrait de l'UQAM.

«Le gouvernement a décidé de verser dans une fiducie les 200 millions de dollars qu'il avait prévus pour ce dossier dans son cadre financier 2007-08. L'UQAM recevra les intérêts gagnés sur le capital de la fiducie, ce qui lui permettra de payer les intérêts qu'elle doit assumer sur les emprunts réalisés jusqu'à maintenant pour financer le projet de l'îlot Voyageur. Il reste maintenant à terminer la négociation avec Busac sur la restructuration du projet. Nous ne négocierons pas sur la place publique, mais j'ai bon espoir que nous pourrons prochainement clore ce dossier pour de bon», a expliqué la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, dans un communiqué diffusé hier.

La fiducie, dotée d'un capital de 200 millions, «constituera un patrimoine distinct de ceux du gouvernement, du fiduciaire et de l'UQAM». Lorsqu'un repreneur aura été trouvé ou lorsque les liens contractuels entre Busac et l'UQAM auront été définitivement rompus, l'UQAM pourra utiliser le capital de la fiducie pour rembourser les dettes et autres coûts liés au projet. L'université devra cependant au préalable obtenir l'autorisation du gouvernement pour effectuer de tels paiements.

Dans le communiqué, on prend bien soin de préciser que l'UQAM demeure «entièrement et exclusivement responsable des engagements qu'elle a pris» avec le promoteur immobilier Busac. Ce faisant, le gouvernement tente de se dégager d'éventuelles poursuites que le promoteur pourrait engager en raison de l'avortement du projet.

L'UQAM et le ministère de l'Éducation discutent par ailleurs toujours des détails entourant le versement des 245 millions annoncés le 9 octobre dernier. Hier, on assurait que ces pourparlers allaient bon train et qu'une entente finale était imminente. En contrepartie de l'aide gouvernementale qui oscille autour de 400 millions, l'UQAM s'est engagée à renouer avec l'équilibre budgétaire en 2013-14.
2 commentaires
  • Normand Chaput - Inscrit 14 novembre 2008 05 h 14

    niaisage

    faudrait arrêter de jouer aux fin-finaux avec l'UQUAM.

  • Raymond Vaillancourt - Abonné 14 novembre 2008 06 h 46

    Déresponsabilisation !

    Et ça continue !

    Raymond Vaillancourt
    www.prospectgestion.com