Les jeunes en difficulté ont aussi besoin d'aide

L'Association des centres jeunesse du Québec (ACJQ) demande aux différents partis politiques de faire une place aux jeunes en difficulté parmi leurs priorités pendant cette campagne axée sur l'économie.

Entre autres choses, le directeur général de l'ACJQ, Jean-Pierre Hotte, affirme que 12 millions supplémentaires seraient nécessaires pour les jeunes aux prises avec des troubles de santé mentale, «ce qui représente tout de même un jeune sur deux [dans les centres]. Un sur cinq souffre d'un trouble sévère de santé mentale». Cet argent servirait à réaliser les recommandations du rapport du Comité de travail sur la santé mentale des jeunes suivis par les centres jeunesse, paru en 2007. «Une des initiatives est de renforcer l'équipe de prévention du suicide, car un, c'est un de trop», souligne par ailleurs M. Hotte.

Pour lui, il est primordial d'accorder une attention particulière aux jeunes en difficulté en période de ralentissement économique. Il rapporte qu'«à chaque ralentissement, le nombre de signalements [à la protection de la jeunesse] augmente.» Il précise d'ailleurs que la tendance se maintient avec une hausse appréhendée des signalements pour 2008, alors qu'entre 2003 et 2007 il y a eu 13 % d'augmentation. «Les jeunes souffrent lorsqu'une récession économique frappe, explique-t-il, car les familles en situation précaire se retrouvent devant des défis parfois insurmontables. Par exemple, si un parent monoparental [sic] perd un emploi au salaire minimum, la pauvreté peut le faire basculer du côté de la détresse psychologique et les enfants, du côté de la délinquance.»

En plus de la santé mentale, l'ACJQ a dans sa mire deux autres cibles principales. D'abord, son directeur souhaite que les services aux enfants de 0 à 5 ans soient encore améliorés, pour diminuer la négligence et assurer leur stabilité familiale. À l'autre spectre de leur mandat, il souhaite adoucir la transition lors de la sortie des centres que vivent les jeunes à leur majorité: «Ils se retrouvent souvent seuls, sans réseau social.» Le programme pilote de Qualification des jeunes procure à 500 d'entre eux un suivi serré avec un accompagnateur vers leur vie adulte, de 16 à 19 ans. L'ACJQ souhaite en soutenir 190 de plus.

Hier, Jean-Pierre Hotte s'est dit rassuré par le fait que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, ait affirmé, en marge de sa présence hier au congrès de l'ACJQ à Montréal, que les services sociaux aux jeunes étaient une de ses priorités.