Les enseignants sont contre tout corps professionnel

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s'oppose vigoureusement à la création d'un ordre professionnel pour les enseignants. Un tel ordre, estime la présidente Monique Richard, ne constituerait qu'une autre structure de contrôle.

Pour donner plus de force à sa position, la CSQ a rendu publics hier, en conférence de presse, les résultats d'un référendum tenu sur la question auprès d'enseignants de trois commissions scolaires de la rive sud de Montréal (des Patriotes, Marie-Victorin et de la Vallée-des-Tisserands). Ceux-ci ont voté à 92,5 % contre la création d'un ordre professionnel. Les résultats de ce référendum et ceux des autres syndicats d'enseignement actuellement en consultation seront communiqués à l'Ordre des professions du Québec et au ministère de l'Éducation.


Selon la coordonnatrice syndicale responsable du référendum, Monique Pauzé, les enseignants ne veulent pas d'un ordre professionnel qui coûterait chaque année autour d'une centaine de dollars à chacun sans qu'ils y trouvent leur compte.


Ailleurs au Canada, seuls les enseignants de l'Ontario et de la Colombie-Britannique sont dotés d'une telle structure. Mme Pauzé a dit avoir été informée qu'en Ontario, plusieurs enseignants considèrent que cette implantation a entraîné toute une série d'exigences administratives fastidieuses sans qu'ils y voient un réel intérêt. La présidente de la CSQ considère pour sa part que l'accès à la profession d'enseignant au Québec est déjà très bien balisé.


Une sélection s'exerce au moment de l'inscription, l'enseignant potentiel est tenu de faire une série de stages en milieu scolaire d'au moins 700 heures, sous supervision, tandis que les programmes de formation font l'objet d'examens.