Les frais universitaires ont augmenté de 5,4 % au Québec

Les étudiants québécois inscrits à un programme de premier cycle universitaire paieront en moyenne 2167 $ en frais de scolarité durant l'année 2008-09. Ils se sont vus, depuis l'année dernière, facturer la plus forte augmentation à l'échelle nationale, soit 5,4 %.

Les données dévoilées hier par Statistique Canada n'ont rien de surprenant et s'expliquent par la décision du gouvernement du Québec de dégeler les frais de scolarité et d'imposer une hausse de la facture envoyée aux étudiants de 500 $, à raison de 100 $ par année pendant cinq ans.

«Le Québec favorisait l'accessibilité aux études dans le passé. Ce n'est plus le cas aujourd'hui», a affirmé le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), David Paradis.

«Ça pose le problème de l'accessibilité aux études post-secondaires. En augmentant les frais de scolarité d'un pourcentage qui est même supérieur à celui de l'indice des prix à la consommation (IPC), on réduit l'accessibilité à l'éducation», a ajouté la porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), Catherine Brunet.

Au Québec, les frais afférents obligatoires ont bondi de 3,7 %, pour passer de 620 $ à 642 $. «C'est ni plus ni moins que de la comptabilité créative. [...] C'est quasiment à se demander s'ils pouvaient inventer des frais sur les poignées de porte», a dit M. Paradis.

Les étudiants canadiens paieront pour leur part en moyenne 4724 $ pour l'année universitaire en cours, soit 3,6 % de plus qu'en 2007-08.

Les frais supplémentaires obligatoires exigés par les universités canadiennes aux étudiants de premier cycle ont pour leur part grimpé de 3,3 % par rapport à l'année 2007-08, pour se chiffrer à 695 $.

Les programmes de dentisterie et de médecine tiennent le haut du pavé des formations universitaires les plus coûteuses. Les étudiants canadiens inscrits à temps plein au premier cycle en dentisterie paieront en 2008-09 12 906 $ en frais de scolarité, alors que leurs confrères en médecine verseront 10 392 $.

La FEUQ estime à 12 000 $ l'endettement moyen des étudiants au terme de leurs études. «Bonne chance, avec un endettement pareil, puis une crise du crédit pour fonder une famille ou acheter une maison», a dit David Paradis.

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