L'Alliance des professeurs de Montréal rejette l'entente de principe

Pas de surprise: le «mouton noir» de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), l'Alliance des professeurs de Montréal, a massivement rejeté l'entente de principe sur le dossier de l'équité salariale que la CSQ tente de faire approuver par ses syndicats.

En assemblée générale lundi soir, 14 % des membres du plus important syndicat d'enseignants du primaire et du secondaire ont repoussé dans une proportion de 80 % l'offre gouvernementale liée au dossier de l'équité salariale. Il y a une douzaine de jours, le conseil fédéral de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) proposait à ses membres d'accepter l'offre du Conseil du trésor: un redressement salarial moyen de 5,9 % — évalué à 256 millions de dollars —, contre une hausse de cinq heures du temps passé à l'école par semaine.


Se définissant comme le «mouton noir» des syndicats membres de la FSE-CSQ, l'Alliance des professeurs de Montréal inscrit une fois de plus son désaccord autour d'une proposition de règlement adoptée par la majorité des syndicats de la FSE. C'est l'ajout de cinq heures de présence à l'école qui a convaincu 80 % des 1004 personnes présentes à l'assemblée de lundi — sur un total de 7300 membres — de rejeter la proposition du Conseil du trésor.


«L'argent n'achète pas les principes», a expliqué le président intérimaire de l'Alliance, Pierre St-Germain. [...] «Les redressements offerts par le gouvernement sont importants; si intéressants soient-ils, ils ne sont pas acceptables s'ils sont conditionnels à des changements de nos conditions de travail.»


À la FSE, on ne se disait pas très surpris hier de l'issue de ce vote. Cinq autres syndicats (sur 44) se sont prononcés à ce jour, tous en faveur de l'entente de principe, a expliqué hier Jean Laporte, porte-parole de la FSE. Plusieurs autres assemblées générales doivent être tenues ces jours-ci à la grandeur du Québec, pour arriver le 10 juin prochain avec une réponse globale.


En attendant, le «mouton noir» poursuit le mouvement de boycottage de la réforme que les autres syndicats ont interrompu, et il compte bien défendre sa position au conseil général de la CSQ de cette fin de semaine auprès des présidents de syndicat d'enseignants qui n'auraient pas encore voté.