Centre de recherche du CHUM en PPP - Les entreprises ont fait la grève pour obtenir encore plus d'argent

La formule de partenariat public-privé (PPP) retarde les travaux du centre de recherche du CHUM. Depuis plus de trois mois, les consortiums d'entreprises avaient tout stoppé, exigeant une augmentation de la compensation devant être versée au perdant de l'appel de proposition. Hier, les deux consortiums se sont remis à l'ouvrage.

«Ce n'est pas encore réglé. Mais ça sera présenté rapidement au conseil des ministres. On ne peut pas se permettre d'être paralysé», a expliqué au Devoir Catherine Poulin, attachée de presse de la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.

Selon l'appel de proposition lancé en mai dernier pour la construction et l'entretien du centre de recherche du CHUM, le gouvernement offre deux millions de dollars au perdant. Cette somme doit permettre de compenser les dépenses inhérentes aux travaux menés par le consortium (plans d'architecte, avis légaux, analyse en ingénierie, par exemple) durant les mois précédant le choix du partenaire par le gouvernement. Or, les consortiums estiment que 2 millions ne couvrent pas l'ensemble des dépenses et ont exigé 5 millions. Et en attendant que le gouvernement fasse son nid, les consortiums, qui sont pourtant des adversaires, se sont serrés les coudes et ont fait la grève.

Hier, l'Agence des PPP a confirmé être «coincée» par les consortiums. L'appétit des entreprises découle de la volonté politique du gouvernement de voir une expertise québécoise se développer, a-t-on précisé.

«Les entreprises québécoises n'ont pas les reins assez solides pour travailler gratuitement pendant des mois. En plus, elles sont très sollicitées puisque le secteur de la construction va très bien», a expliqué Hugo Delaney de l'Agence.

Deux consortiums tentent de mettre la main sur le lucratif contrat. Il s'agit d'Axor/Dalkia, formé entre autres de la firme québécoise Axor, et d'Accès Recherche CHUM, où l'on trouve notamment le constructeur Pomerleau et les architectes Jodoin, Lamarre et Pratte.

Les travaux ont été suspendus dès que des négociations ont été entreprises entre l'Agence et les consortiums. On ignore pour l'instant l'effet réel que cela aura sur le calendrier de réalisation du centre de recherche.

L'Agence ne se prononce pas non plus sur l'effet d'entraînement que pourrait avoir la contestation des consortiums sur les prochains appels de proposition concernant le CHUM et le CUSM. Au Conseil du trésor, on a dit vouloir «prévenir» la situation sans donner plus de détails.

Pour le CHUM, il est prévu que le perdant empoche 4 millions de dollars. Pour le CUSM, la somme s'élève à 5 millions car elle inclut le centre de recherche.

Par ailleurs, la déclaration du ministre de la Santé, Yves Bolduc, au Devoir, selon laquelle les revendications des médecins spécialistes pourraient entraîner des retards dans le projet du CHUM et que, ce faisant, le CUSM démarrerait seul, a fait bondir le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Selon le Dr Gaétan Barrette, le ministre Bolduc tombe dans «l'enfantillage politique» et transforme le débat actuel en querelle de personnalités.

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