Élimination du plafond des droits de scolarité des étudiants étrangers - La déréglementation est remise en question par le CCAFE

La FEUQ s’est insurgée hier de voir le gouvernement transformer les étudiants internationaux en «vaches à lait».
Photo: Pascal Ratthé La FEUQ s’est insurgée hier de voir le gouvernement transformer les étudiants internationaux en «vaches à lait».

Le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études (CCAFE) émet des réserves sur la pertinence de déréglementer les droits de scolarité imposés aux étudiants internationaux dans six domaines d'études et demande à la ministre de l'Éducation de reporter son projet.

Le Devoir révélait hier que Québec s'apprête à déréglementer les droits de scolarité exigés des étudiants étrangers inscrits en médecine, en génie, en informatique, dans le secteur des mathématiques et sciences pures, en administration et en droit. Une formule de péréquation serait instaurée pendant six ans, afin de compenser partiellement les universités qui pourraient être désavantagées par une telle formule, notamment parce qu'elles reçoivent surtout des étudiants internationaux qui sont exemptés des frais supplémentaires.

Le CCAFE, qui avise la ministre de l'Éducation en matière d'accessibilité à l'éducation, soulignait hier dans un avis que le projet de déréglementation ne prévoit aucune mesure pour protéger les étudiants étrangers ayant déjà amorcé leur scolarité au Québec contre une hausse imprévue des coûts.

L'organisme note également qu'il n'y a pas de balises précises pour garantir des places aux étudiants québécois dans les domaines visés par la déréglementation (sauf pour celui de la médecine), alors que les étudiants internationaux pourraient s'avérer plus rentables financièrement aux yeux des universités. Finalement, le comité fait remarquer que le projet de règlement soumis ne prévoit pas d'obligation pour les établissements de soutenir financièrement les étudiants étrangers en difficulté.

Les étudiants aussi en désaccord

La Fédération étudiante universitaire (FEUQ) s'est elle aussi inscrite en faux contre le déplafonnement des frais pour les étudiants internationaux. «C'est à se demander si l'incertitude fait partie des mesures d'accueil du gouvernement Charest», argue le président de la FEUQ, David Paradis, en faisant référence au caractère imprévisible des hausses pour les étudiants ayant déjà amorcé leur scolarité.

Il s'insurge de voir le gouvernement transformer les étudiants internationaux en «vaches à lait». La plupart des étudiants internationaux qui seront dans les faits assujettis aux nouveaux tarifs fréquentent les universités anglophones puisque les universités francophones accueillent un bon nombre d'étudiants exemptés, précise M. Paradis. «Nous sommes sidérés de voir qu'on va créer de telles iniquités entre les universités francophones et anglophones; entre celles des grands centres et des régions», poursuit M. Paradis.

Les associations étudiantes de l'Université Laval ont elles aussi dénoncé le projet de règlement. «En forte compétition, alléchées par des revenus supplémentaires, il y a fort à parier que les universités favoriseront les facultés d'administration, de sciences et de génie ainsi que de médecine au détriment des lettres, des sciences sociales ou de pharmacie», fait valoir la vice-présidente aux affaires externes de l'Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures, Fanny Tremblay-Racicot.

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