Non à l'alcool à l'école

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) prie le ministre de la Sécurité publique de modifier son projet de loi 100 afin d'empêcher la livraison de vin et de bière à l'école, aux côtés d'une pizza ou d'une poignée d'ailes de poulet...

Dans une missive envoyée le 16 mai dernier au ministre Normand Jutras, et à la suite d'une résolution de ses membres lors de la dernière assemblée générale, la FCSQ demande que soit exclu des dispositions du projet de loi 100 le réseau des établissements scolaires primaires et secondaires. «Il nous apparaît important en effet qu'on ne rende pas trop facilement accessible la consommation des boissons alcoolisées, particulièrement aux jeunes de moins de 18 ans», écrit le président de la FCSQ, André Caron.


Dans un projet de loi déposé le 7 mai dernier, rappelons que le gouvernement du Québec annonçait son intention de permettre aux restaurateurs qui ont un permis d'alcool la livraison de bière ou de vin en plus du repas commandé, quel qu'il soit. Le projet de loi spécifie en outre que le livreur doit s'assurer que la personne qui reçoit l'alcool commandé a l'âge légal pour en acheter, soit 18 ans.


Mais le réseau scolaire ne se satisfait pas de cette dernière précision, car il craint que les modifications légales ne soient l'occasion pour certains groupes d'étudiants d'ajouter à la pizza du vendredi soir quelques petites bières bien froides ou un litre de vin rouge.


«On se demande qui fera la vérification et est-ce que ce sera bien fait?», précise Denis Pouliot, directeur des communications à la FCSQ.


Cette décision d'écrire au ministre a été votée en assemblée générale par les 350 délégués des 61 commissions scolaires du Québec, le 11 mai dernier, à la suite d'une demande du président du comité exécutif de la Commission scolaire de Montréal, Marcellin Noël.


«Ce qui nous préoccupe, c'est que les jeunes boivent, et boivent de plus en plus jeunes», a expliqué celui-ci hier, précisant que le mode d'identification des mineurs constituait un problème d'importance.


Le commissaire du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO), Kenneth George, a déposé une proposition au conseil des commissaires de la CSDM du 22 mai dernier, qui appuie en quelque sorte la démarche de la FCSQ.


Les commissaires indépendants iront plus loin encore la semaine prochaine en suggérant à Québec d'importantes modifications en matière de publicité liée à la vente d'alcool.


«Il faut rendre plus stricte l'identification des mineurs, rendre cela plus difficile», explique Marcellin Noël, avouant toutefois son impuissance à proposer de nouveaux modes d'action.