La CSDM dépensera cinq millions pour se débarrasser de l'amiante dans les écoles

La Commission scolaire de Montréal inspectera cet été les quelque 20 écoles isolées à l'amiante susceptibles de présenter des risques pour le personnel et les élèves.

La liste des écoles problématiques pourrait cependant s'allonger au fil du programme de rénovations majeures que la CSDM a entrepris l'an dernier et qui s'échelonnera sur 15 ans. Déjà, on a découvert de l'amiante dans une vingtaine d'autres écoles depuis le début de l'année et des correctifs ont été ou devraient être apportés en même temps que les travaux de rénovation.

«Cela demande une vigilance pour la santé et la sécurité des enfants, du personnel et des parents. Il y a aussi beaucoup de prudence et des risques calculés. [...] Il n'y a pas de panique, mais il y a beaucoup de sérieux à y avoir», a indiqué la présidente de la CSDM, Diane De Courcy.

La commission scolaire a prévu consacrer cinq millions, d'ici 2011, pour se débarrasser de l'amiante ou pour sécuriser les bâtiments qui en contiennent. Flanquée d'une experte de la Direction de la santé publique de Montréal-Centre (DSP-M), Mme De Courcy se montrait cependant rassurante hier pour la santé des employés et des élèves qui les fréquentent.

Des études montrent que, dans le pire des cas, lorsque les matériaux sont grandement détériorés et que la fibre d'amiante est libérée dans l'air, les risques de développer un cancer sont relativement peu élevés, explique Mme De Guire de la DSP-M. Pour un enseignant qui aurait été travailler pendant 20 ans dans cet environnement, le risque de développer un cancer serait 18 fois moins élevé que pour une personne exposée à la fumée secondaire. Dans le cas d'un enfant qui fréquente une école pendant six ans, ce risque est 70 fois moins élevé que celui d'être victime d'un accident de vélo.

Il faut compter de 25 à 40 ans après le début de l'exposition avant de constater de telles maladies. On ne recense pas à ce jour de cas de cancer relié à l'amiante à la CSDM.

Le problème ne date pas d'hier. En 1998, la CSDM avait lancé un programme de gestion de l'amiante pour retracer les écoles isolées avec le matériau prisé avant les années 1980 pour ses propriétés isolantes, mais qui s'est avéré néfaste pour la santé. On avait alors recensé 24 écoles problématiques.

Des travaux ont été effectués depuis dans les locaux les plus problématiques. La CSDM entreprend donc cet été la deuxième phase de son plan en revisitant une vingtaine de ces écoles. Les inspections se feront pendant la saison estivale et on ne prévoit pas à ce jour de fermeture d'école pour procéder à des travaux.