L'UdeM menace d'abolir ses activités culturelles

L'Université de Montréal menace d'abolir le Service des activités culturelles si les associations étudiantes ne donnent pas leur aval à une hausse des frais afférents plus importante que celle autorisée par le gouvernement du Québec.

Une pléiade d'activités parascolaires risquent ainsi de disparaître dès septembre prochain, telles la troupe de danse, la chorale, la comédie musicale ou encore les activités de théâtre. Le service de l'Action humanitaire et communautaire, qui organise entre autres la distribution de milliers de paniers de Noël, est aussi dans la mire de l'administration. Ces deux unités, dont les budgets relèvent de la direction des Services aux étudiants (SAE), coûtent respectivement 435 000 $ et 300 000 $. Or les Services aux étudiants accusent un manque à gagner d'environ 750 000 $, sur un budget total de neuf millions, pour couvrir les «coûts de système» et réinvestir un peu dans l'aide psychologique aux étudiants, selon la direction de l'université.

Pour pallier ce problème et financer de nouveaux services, l'UdeM comptait hausser les frais de 180 $ par année (hausse à laquelle on ajoute une nouvelle cotisation automatique non obligatoire), ce qui générerait des revenus d'environ sept millions. Mais voilà, la nouvelle politique du gouvernement sur les frais institutionnels annoncée en février dernier est venue contrecarrer les plans de la direction en limitant les hausses à 50 $ par année, à moins qu'une entente ne soit conclue avec les représentants des étudiants.

L'administration a fait savoir au cours des derniers jours que les activités culturelles et celles de l'Action humanitaire et communautaire (AHC) ne pourront être maintenues à moins de procéder à des hausses plus importantes que celles autorisées.

«C'est le scénario du pire. Toutes les petites coupes qu'on pouvait faire au jour le jour, on les a faites au cours des dernières années. Maintenant, nous avons besoin d'une hausse des frais afférents pour couvrir les coûts de système et faire un peu de développement là où on doit absolument en faire. Mais la première option, c'est la négociation avec les étudiants», explique la porte-parole de l'Université de Montréal, Sophie Langlois.

Elle précise que les autres activités des SAE, telles que la distribution de l'aide financière, l'aide aux étudiants handicapés, le soutien pédagogique, l'accueil des étudiants internationaux et le soutien pédagogique, ne peuvent faire l'objet de compressions.

À la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAECUM), on se dit très conscient de l'importance des services menacés de fermeture. Sans commenter plus avant la situation, la FAECUM précise toutefois que les négociations se poursuivent avec la direction.

«Négociez!»

Le «plan de contingence» de l'Université de Montréal est tombé comme une tonne de brique cette semaine sur les artistes étudiants qui gravitent autour du Service des activités culturelles. Ces derniers ont entrepris de faire pression sur l'association étudiante et la direction, les sommant d'arriver à une solution négociée. «C'est incroyable qu'on pense mettre la hache dans des services aussi rassembleurs pour moins d'un million», s'exclame le porte-parole de la coalition spontanée d'utilisateurs des services, Olivier Sylvestre, qui fait partie de la troupe de théâtre.

Les usagers soulignent que les deux services menacés contribuent à développer le sentiment d'appartenance à l'université et à mieux intégrer les étudiants étrangers et ceux issus des différentes régions du Québec.

La direction de l'Université de Montréal estime qu'une hausse supplémentaire de 30 $ par année (1 $ par crédit) permettrait de maintenir les deux services. Cette augmentation s'ajouterait à celle de 50 $ déjà prévue, ce qui correspond à 1,75 million. La majeure partie de cette somme, voire la totalité, servira à renflouer le fonds de gestion, explique Mme Langlois pour justifier la nécessité de hausses supplémentaires dédiées aux SAE.

Au cabinet de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, on préfère ne pas commenter les discussions en cours à l'Université de Montréal. «La politique sur les frais institutionnels vise à assurer une plus grande transparence. On veut que, lorsqu'il y a une hausse de frais, les étudiants sachent exactement pour quoi ils vont payer. On veut que les universités discutent avec les associations étudiantes. Si elles ne s'entendent pas, les barèmes [de hausses maximales] s'appliquent», indique l'attaché de presse de la ministre, Jean-Pascal Bernier.

L'Université de Montréal est aux prises avec un déficit accumulé de 115 millions et un déficit de fonctionnement de 7,8 millions pour la prochaine année. Si l'établissement n'arrive pas à atteindre ses cibles budgétaires, Québec retiendra de nouveau une partie de sa subvention, en vertu des mesures de redressement convenues récemment. Au cours de l'année financière qui s'achève, l'UdeM a dû débourser environ un million en frais d'intérêt parce que Québec a retenu pendant plusieurs mois la subvention conditionnelle. «On ne le fait pas de gaieté de coeur. C'est triste d'en être rendu à évaluer ces options. Mais dans notre situation financière, on ne peut pas faire de déficit supplémentaire», conclut Mme Langlois.
4 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 2 mai 2008 10 h 35

    Un redressement s'impose

    Il existe au Québec un scandale systémique : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent autour de 25 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones, dont l'Université de Montréal, ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.

    En plus, les universités anglophones du Québec reçoivent ces fonds en partie pour former des étudiants venus d'autres provinces, des Etats-Unis et d'ailleurs qui viennent profiter ici des faibles frais de scolarité pour ensuite retourner à l'extérieur du Québec monnayer le fruit de leurs études. Le cas le plus choquant est celui des étudiants en médecine formés ici à grand frais par les contribuables québécois et qui quittent ensuite allègrement.

    Va-t-on pour une fois s'interroger sur le degré de subvention des universités anglophones du Québec eu égard au poids démographique des vrais anglophones du Québec? Trois universités anglophones pour quel pourcentage de vrais anglophones?


    À quand une Commission d'enquête sur cette situation absurde?

    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.

  • Claude Rompré - Inscrit 2 mai 2008 11 h 56

    Frais afférents: frais abérrants

    Les frais afférents ont été créés pour fournir des services aux étudiants qui ne sont pas assurés par la loi (ce n'est donc pas par générosité qu'on ne coupe pas les services aux handicapés, c'est illégal). Seulement, depuis 1996, les frais afférents ont plus souvent servi de manière détournée de hausser les frais de scolarité.

    Avant la loi d'encadrement, les universités pouvaient augmenter les frais afférents à volonté. Dans les Cégeps, les administration n'étaient même pas obligées de dire aux étudiants à quels services iraient les nouveaux fonds. Au Cégep François-Xavier Garneau, le directeur général a ainsi pu justifier une hausse des frais de 40$ par élève pour cause "d'augmentation de coût". Le seul recours des association étudiante? Manifester...

    Un chantage insidieux

    Pour les administration légèrement plus subtiles, on utilise des techniques pour le moins illégitime. On place les étudiants et étudiantes devant un dilemme horrible. On menace de couper un service essentiel ou très important si les assos continuent de protester. C'est évidement ce que fait ici l'UdM. Pour reprendre l'exemple du Collège FXG, l'administration menaçait de couper les servies de travailleurs de corridor ou même de travail social pour placer les responsables étudiants (des gens d'environ 17-18 ans au cégep) dans une situation intenable où, s'ils se battent pour leur droit à une éducation accessible, ils risquent d'être complice du suicide de certains de leur camarade.

    Démagogie

    Évidemment cette technique est absolument horrible et la plupart du temps les administrations ne s'abaissent à un tel niveau, ils n'ont pas besoin. Les servies qu'on peut menacer de couper sont pratiquement infini! Qu'est-ce qui justifie une hausse de 180$ sur une année? C'est plusieurs fois l'inflation. La réponse de la responsable universitaire? "La majeure partie de cette somme, voire la totalité, servira à renflouer le fonds de gestion". Cette position est illégale et pas seulement depuis la loi sur l'encadrement des frais afférents, mais depuis la création des frais afférents. Seuls les frais de scolarité peuvent aller "renflouer le fond de gestion". Les frais afférents sont exclusivement dédié aux services étudiants. Mais finalement, qu'est-ce qu'un service aux étudiants? Est-ce que ça pourrait aller jusqu'à l'émission d'un diplôme?

  • Renaud Blais - Inscrit 2 mai 2008 13 h 20

    À la direction de l'Université de Montréal

    Combien parmi les personnes les plus payées de la direction de l'UdeM, faudrait-il couper le salaire de moitié pour économiser 1 million ?
    Et si ces personnes ont mieux à faire ailleurs, et bien qu'ils y aillent... Et qu'on les remplacent par d'ex-étudiants qui ne trouvent pas de travail et qui seraient TRÈS HEUREUX de se contenter d'un demi salaire...

  • Claude Archambault - Inscrit 2 mai 2008 23 h 45

    @ Saint Arnaud

    M. Saint Arnaud, savez vous que plus de 50% de la population étudiante à McGill est francophone ? Savez vous qu'un étudiant étranger ne coute rien au gouvernement et que même il lui rapporte des milliers de dollar en taxe directe et indirecte ? Savez vous combiens nous coute les étudiant des pays francophone qui viennent étudier ici dans les universités francophone ? des millions!! Car la majorité provienne de pays pauvre d'Afrique et reçoivent de l'aide de nos gouvernements. De plus Montréal avec Boston sont considéré comme une des plus grandes villes universitaires au monde. Alors vous et votre vision RACISTE vous savez ou je pense que vous pouvez aller.

    Pour ce qui est des frais afférant, si les somme sont entièrement consacrés au service au étudiants alors ils auront ce qu'ils payeront pour. Un point c'est tout. Les universités nous coutent assez cher comme cela, avec les frais de scolarité les plus bas en Amérique, à nos frais. Sans avoir à payer pour les autres divertissements, tel radio, théâtres, journal etc...