UQAM: d'autres étudiants se résignent à retourner en classe

L'Université du Québec à Montréal reprendra aujourd'hui un rythme normal, ou presque. Les étudiants en sciences humaines et en arts ont décidé hier de rentrer en classe, avec une faible majorité de 52 %.

Ces votes mettent un terme à deux grèves qui auront duré respectivement huit et quatre semaines. Il restera maintenant à convenir des moyens pour rattraper le temps de classe perdu.

La Commission des études de l'UQAM devrait se réunir rapidement pour définir les modalités de validation des cours. «On va s'assurer que dans tous les cas de figure, on soit en mesure de satisfaire les exigences de validation des cours», assure le vice-recteur à la vie académique, Robert Proulx.

Cela pourrait même aller jusqu'à une prolongation du trimestre de plusieurs semaines, contrairement à ce qu'avait laissé entendre le recteur, Claude Corbo, lorsqu'il avait prévenu que des contraintes techniques ne permettaient pas de prolonger au-delà d'une semaine.

On ne sait pas encore combien coûtera la grève étudiante à l'UQAM, les modalités de prolongation des contrats (des chargés de cours, notamment) n'ayant pas encore été arrêtées. M. Proulx rappelle que la grève étudiante de 2005 avait entraîné des coûts supplémentaires de l'ordre de 1,7 million.

Les représentants des étudiants traçaient hier un bilan somme toute positif de la grève, estimant avoir réussi à mieux faire connaître leur opposition au plan de redressement de l'université. «On attend encore les interventions de plusieurs acteurs dans le dossier, comme le Vérificateur général et le comité des sages [qui doit se pencher sur la proposition de plan de redressement], on ne pouvait pas s'attendre à gagner à court terme. On a quand même réussi à tenir huit semaines et à montrer notre désaccord au sujet du plan de redressement», a fait valoir une porte-parole des ex-grévistes, Valérie-Reine Marcil.

Des pourparlers tenus entre les associations en grève et la direction, au cours des deux dernières semaines, ont aussi mené à des gains, aux yeux des étudiants. La direction s'est engagée à prendre les moyens nécessaires pour préserver les programmes de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat. L'UQAM s'est aussi engagée à demander au gouvernement du Québec un réinvestissement «approprié à sa mission».

Le vice-recteur Robert Proulx assure que ces engagements seront honorés, même si aucune entente écrite n'a été conclue avec les étudiants en grève. Un comité sera aussi instauré pour que les associations étudiantes puissent discuter des mesures de redressement avec la direction.

Un spectacle bénéfice pour «sauver l'université», l'UQAMothon, se tiendra vendredi prochain, afin de conclure de façon festive la mobilisation étudiante. Le spectacle qui se tiendra au Théâtre National, rue Sainte-Catherine, mettra en scène des artistes tels les Moquettes coquettes, Luc Senay, Marco Calliari et plusieurs autres.

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