Grève générale des professeurs de l'UQTR

Le conflit de travail s'envenime à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Les professeurs ont décidé hier de déclencher aujourd'hui une grève générale jusqu'à la conclusion d'une entente de principe. Épuisés par le conflit qui met leur semestre en péril, les étudiants ont quant à eux décidé d'entreprendre leurs propres moyens de pression dans l'espoir que les parties parviennent rapidement à un règlement.

Réuni en assemblée générale, le syndicat des professeurs a décidé de jouer son va-tout hier en votant pour une grève générale illimitée. Les membres ont aussi étudié une contre-proposition qui devait être présentée à l'administration de l'université en soirée.

Les nouvelles demandes syndicales représentent des sommes additionnelles de l'ordre de 23 millions de dollars en cinq ans, comparativement à 26 millions auparavant. La dernière proposition patronale se chiffrait à 19 millions. «C'est le cadre financier autour duquel il faudrait que le règlement ait lieu», a fait valoir le vice-recteur aux ressources humaines, François Héroux.

Avec sa proposition d'hier soir, le syndicat renonce à son objectif initial de rattrapage salarial complet avec les professeurs de l'Université de Sherbrooke. Le nombre d'embauches de nouveaux professeurs revendiqué passe par ailleurs de 100 à 55. Le syndicat réclame cependant que le quart des nouveaux fonds récoltés par l'UQTR à la suite du dernier budget soit consacré à la masse salariale des professeurs.

L'administration se dit prête à entrer dans un nouveau blitz de négociations si la contre-offre s'avère «réaliste». Le temps presse cependant puisque la validation des cours «commence à être problématique».

Les étudiants s'en mêlent

Las d'être privés de cours en raison du conflit qui s'éternise, les étudiants ont quant à eux entrepris leurs propres moyens de pression pour forcer le jeu de la négociation. Une soixantaine d'étudiants de l'Association générale des étudiants de l'UQTR occupent depuis mardi les locaux administratifs de l'université, paralysant les services de l'administration. En parallèle, l'association étudiante a lancé hier une campagne de boycottage des services autofinancés, par exemple la cafétéria et les photocopieurs, afin de réduire les entrées de fonds dans les coffres de l'université. On invite également les étudiants à ne pas acquitter leurs droits de scolarité.

«On en a ras le bol, on est tannés de la situation, de ce conflit d'orgueil. On en appelle à la maturité des parties. C'est aberrant que des doctorants n'aient pas la maturité nécessaire pour négocier convenablement», déplore l'attaché politique de l'AGEUQTR, François Landry.

M. Landry a précisé que l'association étudiante ne se range dans aucun camp, bien qu'elle appuie la revendication du syndicat d'accroître le nombre de professeurs.

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