Bourbier financier - L'UQAM ne doit pas hésiter à éliminer des programmes peu populaires, dit Corbo

Le recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Claude Corbo, croit que le maintien intégral des activités et des programmes de formation serait «insensé» alors que l'établissement vit une situation financière «catastrophique».

Dans une lettre à la communauté uqamienne diffusée hier sur le site Internet de l'université, Claude Corbo revient à la charge pour une énième fois sur l'effort collectif à faire pour affronter la tourmente. «Si [...] je suis tout à fait convaincu de l'importance de préserver l'identité des disciplines fondamentales ou des domaines d'études, de recherche et de création bien établis et dynamiques, je crois par ailleurs qu'il ne faut pas hésiter à remettre en cause des activités périmées, des programmes non fréquentés, une organisation du travail au sein des unités qui gagneraient peut-être à être mises à jour», écrit M. Corbo.

Le point du vue du recteur n'est pas sans rappeler la «liste orange» dont Le Devoir révélait l'existence la semaine dernière. Cette «liste orange» est la compilation des 73 programmes «à risque» qui a été soumise aux doyens des facultés concernées pour commentaires. De ce nombre, 46 programmes présentent des «problèmes de viabilité sévères», dont le bac en chimie, celui de génie microélectronique, celui en sciences religieuses, la maîtrise en danse et quelques diplômes d'études supérieures (architecture moderne et patrimoine, design d'équipements de transport ou météorologie, par exemple).

Sous-financement

Dans sa lettre, Claude Corbo s'est également affairé à réfuter les arguments avancés par certains membres de l'UQAM. Selon le Syndicat des professeurs de l'UQAM et des associations étudiantes, par exemple, l'actuelle dérive financière résulterait du sous-financement de l'UQAM. On y travaille, réplique M. Corbo qui rappelle, qu'en attendant, «nous devons composer avec les règles de financement appliquées par le MELS [le ministère de l'Éducation], approuvées, en juin 2005 et novembre 2006, par le précédent recteur de l'UQAM, alors président de la CREPUQ, malgré qu'elles fussent défavorables pour notre université».

Quant à ceux qui réclament un réinvestissement massif en éducation, Claude Corbo souligne que «la prise en charge éventuelle des dettes immobilières de l'UQAM par le gouvernement sera un "réinvestissement" très considérable».

L'UQAM est sommée par le gouvernement du Québec de présenter dans les prochains jours, sinon les prochaines semaines, un plan de redressement. Le recteur estime qu'il ne s'agit pas seulement d'un exercice comptable, mais d'une occasion pour un grand questionnement.
1 commentaire
  • Michel Simard - Inscrit 19 février 2008 15 h 10

    Où s'en va l'UQAM?

    Je crois que le critère pour supprimer des programmes ne devrait pas être uniquement le nombre d'étudiants. Il y a des programmes tout à fait uniques et, je dirais indispensables, qui devraient être maintenus. Où s'en va l'UQAM? J'espère qu'on saura préserver un peu des meubles dans la vente de feu en cours. C'est toute la société québécoise qui s'appauvrit dans ce processus de myopie.