UQAM: 70 programmes sur la «liste orange»

Le portrait des programmes qui pourraient faire les frais des difficultés financières de l'Université du Québec à Montréal commence à se préciser. Après une première analyse, une cinquantaine de programmes dont la viabilité est incertaine sont dans la mire. Il faudra toutefois attendre le dépôt du plan de redressement, reporté une nouvelle fois, pour connaître la liste définitive des programmes susceptibles de passer à la moulinette ou d'être restructurés.

On connaît maintenant la liste des programmes d'études sur lesquels le couperet du plan de redressement de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) pourrait s'abattre. Une cinquantaine de programmes présentent des «problèmes de viabilité sévères», selon une analyse effectuée par l'administration.

Aux 46 programmes comportant un risque sévère s'ajoutent 20 autres programmes qui présentent un «problème de viabilité modéré» et sept qui affichent un niveau «faible», selon la liste dont Le Devoir a obtenu copie.

On relève dans ce document plusieurs programmes en arts, tels le bac et la maîtrise en danse. La faculté des sciences humaines n'est pas en reste: on cible notamment les programmes de sciences des religions, les bacs en géographie, en philosophie, en enseignement des langues secondes, etc. Plusieurs diplômes d'études supérieures spécialisés dans différentes facultés sont aussi dans la ligne de tir.

La compilation effectuée par le Bureau de l'enseignement et de la recherche, communément appelée la «liste orange», a été distribuée il y a quelques semaines pour commentaires aux doyens des facultés. Plusieurs ont plaidé en faveur de leurs programmes, ce qui a mené au retrait de certain d'entre eux de la liste, qui servira à l'élaboration du plan de redressement de l'université. «La liste a fondu», a assuré le responsable des communications de l'UQAM, Daniel Hébert, qui n'était toutefois pas en mesure de fournir une version plus récente de l'inventaire apparaissant dans la mire du plan de redressement. C'est la première fois que l'établissement procède ainsi à une révision exhaustive de ses quelque 300 programmes.

La première liste, qui comprend quelque 70 programmes «à risque», a été établie en prenant en compte le volume d'inscriptions à chacun des programmes au cours des cinq dernières années. Cette liste ne retient ni le nombre moyen d'étudiants par cours ni le coût réel du programme.

Selon les informations obtenues, la consultation des doyens auprès des responsables des programmes ciblés aurait été inégale et le procédé suscite un malaise. Certains d'entre eux rappellent que cette méthode tranche avec la façon de faire habituelle de l'UQAM, selon laquelle les évaluations des parcours de formation émanent des professeurs réunis en comité de programme. On déplore la vision «comptable» qui sous-tend l'exercice en cours.

Plusieurs options

La direction de l'UQAM assure que les programmes ciblés ne seront pas nécessairement abolis. Certains pourraient faire l'objet d'une campagne promotionnelle destinée à favoriser le recrutement de nouveaux étudiants alors que d'autres pourraient être fusionnés avec des programmes similaires. «On peut aussi décider, compte tenu du peu d'intérêt et de la faible fréquentation, pour alléger la charge administrative, d'ouvrir le programme seulement un trimestre sur trois ou une année sur deux», a affirmé M. Hébert.

C'est seulement dans des «cas extrêmes» qu'on pourrait en venir à suspendre indéfiniment les admissions ou à fermer carrément des programmes, a assuré M. Hébert. Il a cependant tenu à rassurer les étudiants: «Si on décidait de suspendre les admissions ou de fermer des programmes, ceux qui sont déjà inscrits auraient la possibilité de finir leurs études.»

La perspective de la fermeture de certains programmes a par ailleurs été discutée hier lors de l'assemblée générale de l'Association facultaire des étudiants en arts. Ces derniers ont toutefois renoncé à emboîter le pas à leurs collègues des sciences humaines en refusant de déclencher une grève générale. Ils suspendront néanmoins les cours le 21 février pour participer à une manifestation de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante.

La compilation des programmes dont la viabilité est incertaine servira à la restructuration de l'offre de formation, qui s'inscrit dans le cadre du plan de redressement. Or ce plan tant attendu à la fin de l'automne dernier n'est toujours pas prêt. La direction de l'UQAM a indiqué hier qu'on ne sera pas en mesure de le présenter comme prévu lors de la séance extraordinaire du conseil d'administration, qui aura lieu mardi.

Le temps presse puisque le budget partiel autorisé par le réseau de l'Université du Québec arrive à échéance le 29 février. L'UQ avait en effet refusé d'adopter le budget annuel de l'UQAM en septembre dernier, préférant attendre que l'université fournisse un plan de redressement en bonne et due forme.
 
2 commentaires
  • Florence Mennessier - Inscrite 15 février 2008 06 h 51

    Des hommes en devenir

    Parmi les programmes listés orange mis en avant par Le Devoir, on retrouve, bon flair et bon signe, les plus essentiels à ce qui donne à l'Homme sa dignité : la philosophie et l'art.

    "On déplore la vision «comptable» qui sous-tend l'exercice en cours." Certes !!! Il ne suffit pas de savoir compter pour être un homme...

    Bon courage à la direction de l'UQAM dans cette situation difficile.

  • Michel Simard - Inscrit 15 février 2008 18 h 58

    Ça fait dur

    Une université sans bacc en géographie et en philopsophie. Doit-on comprendre qu'on est en train de tuer l'UQAM. Évidemment, un peuple d'ignorants, ça vote davantage pour le Liberal Party of Qwebec et ses ministres qui tiennent davantage des meneuses de claques que de gens de vision. Mais quand on est nés pour un petite pain et qu'on doit demander au conquérant ce qu'on devrait faire gna gna.