Le recteur Corbo jette les bases de la réorganisation de l'UQAM

Sitôt en poste, le recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Claude Corbo, propose de réduire l'équipe de direction et de rapatrier sous sa gouverne les fonctions stratégiques de l'université.

M. Corbo vient de soumettre son idée à l'ensemble du personnel de l'UQAM. La proposition sera officiellement présentée au conseil d'administration lors de la réunion prévue le 29 janvier.

Si le projet est adopté, M. Corbo présidera la commission des études et le comité exécutif, coordonnera la mission pédagogique (enseignement, recherche et création) et fera la planification institutionnelle. Du coup, M. Corbo abolit le vice-rectorat exécutif qui assumait ces tâches, ce qui crée une «voie centrale d'articulation entre les facultés et la direction».

«On peut économiser un poste de vice-recteur dans le domaine académique sans affaiblir cette fonction parce qu'on la déleste de tâches qui incombent particulièrement au recteur», souligne Claude Corbo dans son message à la communauté uqamienne.

La réorganisation proposée entraînera au total l'abolition de trois vice-rectorats (vie académique et exécutif, études et vie étudiante ainsi que recherche et création), la création d'un nouveau vice-rectorat (enseignement, recherche et la création) et la modification d'un autre, le vice-rectorat aux ressources humaines devenant le vice-rectorat à la communauté universitaire et au développement durable. Ce brassage de cartes fait en sorte que la mission d'enseignement et de recherche au coeur de l'UQAM est recentrée. Claude Corbo dit avoir constaté au cours des dernières années «des dédoublements, des frictions et des imprécisions concernant les responsabilités, l'amplification des effets de silo».

«La conception que je me fais du rôle de recteur rend inutile une fonction de vice-rectorat exécutif mandatée pour coordonner divers vice-rectorats à responsabilités académiques», indique M. Corbo.

Ces changements considérables sont imposés par la situation financière fragile de l'UQAM, qui s'est enfoncée dans un gouffre de quelque 400 millions de dollars avec des projets immobiliers. Un plan de redressement est attendu au cours des prochaines semaines mais, pour l'instant, «certains changements doivent être rapidement mis en oeuvre».

Cette annonce constitue la première étape d'une réorganisation plus vaste. Déjà, le recteur indique qu'il procédera à une rationalisation dans la structure interne des vice-rectorats. De plus, le statut des doyens sera revu. Jusqu'à maintenant, ces fonctions ont été assumées par des professeurs syndiqués.

L'UQAM n'a pas précisé l'ampleur des économies générées par ce plan. D'ailleurs, le Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ) s'interroge à ce sujet. Selon le SPUQ, il y a eu une explosion des coûts de la direction administrative de l'ordre de 40 % depuis 2001.
1 commentaire
  • Roland Berger - Inscrit 10 janvier 2008 10 h 28

    Une recette connue

    La recette est bien connue. Pour faire un grand ménage, il faut concentrer l'autorité dans les mêmes mains. L'UQÀM a été conçue pour favoriser la participation de tous à sa gestion, à une époque où la démocratie venait faisait une entrée triomphale au Québec. Restera à voir si, une fois le ménage fait, le recteur Corbo, aura la « tentation » de redonner à l'université sa structure originelle et originale. On peut en douter. De nos jours, la démocratie est perçue comme un obstacle à l'efficacité, l'efficacité du néolibéralisme, bien entendu.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario