La FEUQ publie une étude sur le revenu des étudiants

Québec — Si elle n'est pas «catastrophique», la situation financière des étudiants inscrits aux cycles supérieurs dans les universités québécoises demeure préoccupante et nécessite un redressement, conclut une enquête.

«De manière générale, il n'y a pas de catastrophe, mais ça reste en dessous [du seuil de bas revenu de Statistique Canada]», a souligné Frédéric Lalande, président du Conseil national des cycles supérieurs de la Fédération étudiante universitaire du Québec (CNCS-FEUQ), qui a rendu publique l'étude hier en conférence de presse à Québec.

Des mesures récentes ont certes permis d'améliorer un tant soit peu le sort des étudiants, a dit M. Lalande, citant comme exemple l'augmentation de la contribution fédérale et le «rattrapage» entrepris par le gouvernement du Québec.

Néanmoins, plus de la moitié des étudiants dépendent encore d'un emploi à l'extérieur pour subvenir à leurs besoins et près de quatre étudiants sur 10 accumulent une dette dépassant les 12 000 $ à la fin de leurs études.

L'enquête du CNCS, réalisée en 2006 auprès d'un peu plus de 1600 étudiants dans 15 établissements, révèle par ailleurs que le revenu annuel moyen de la cohorte inscrite aux cycles supérieurs est de 19 000 $.

Si la plupart des étudiants parviennent à se débrouiller sans trop de mal, un peu moins du quart d'entre eux — 24 % — vivent dans la misère, expose l'étude.

«Pour 25 % des étudiants, le niveau de revenu est de moins de 12 000 $. Pour ceux-là, c'est catastrophique [...] Ce sont des revenus ridicules et faméliques», a dit M. Lalande.

Intitulée «Les sources et modes de financement des étudiants aux cycles supérieurs», l'étude en appelle à un financement public accru dans l'aide aux étudiants et se montre particulièrement hostile à l'égard du dégel progressif des frais de scolarité et des coûts afférents aux études.

«Pour quelqu'un qui gagne 11 000 $ par année, une hausse de 100 $ des frais de scolarité, 500 $ à terme, c'est énorme», souligne le président du CNCS.