Crise financière à l'UQAM - Le recteur Corbo lance un appel aux professeurs et à l'État

Arrivé hier aux commandes de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), le recteur Claude Corbo assure que l'établissement apportera sa contribution pour rétablir son équilibre financier et prévient par la même occasion que le gouvernement devra en faire tout autant.

Dans un message vidéo livré à la communauté de l'UQAM, M. Corbo se montre prêt à s'attaquer au défi qui l'attend. Les projets immobiliers du Complexe des sciences et de l'îlot Voyageur ont entraîné l'UQAM dans un fiasco de quelque 400 millions de dollars. Au cours des prochaines semaines, l'UQAM doit adopter un plan de redressement incluant d'éventuelles compressions.

«Il nous incombe, par les ajustements nécessaires à notre fonctionnement et une meilleure organisation du travail, d'utiliser de façon optimale les fonds qui proviennent des taxes et impôts de la population. Il faut passer par là pour démontrer clairement que le salut de l'UQAM requiert aussi que les autorités gouvernementales assument les responsabilités auxquelles elles ne peuvent se dérober. L'UQAM fera sa part; le gouvernement devra aussi faire la sienne», affirme Claude Corbo.

Ce dernier demande la collaboration de tout le personnel puisque, «pendant un temps, des sacrifices seront nécessaires pour le bien-être de notre université». Or, le Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ) dont la convention collective est échue depuis le printemps dernier, demande des améliorations salariales ainsi qu'une augmentation du corps professoral.

Le Devoir révélait toutefois la semaine dernière que les professeurs de l'UQAM enseignent deux fois moins que ce qui est prévu à leur contrat de travail, c'est-à-dire moins de deux cours par année plutôt que quatre. Cette situation entraîne l'ouverture de plus de 500 charges de cours et des coûts supplémentaires, note la firme comptable PriceWaterHouseCoopers dans son rapport préliminaire transmis en décembre à l'UQAM et au ministère de l'Éducation.

Réaction du SPUQ

Ces données ont fait bondir le SPUQ qui rappelle qu'il y a trois composantes à la tâche du professeur. «Ce qui peut être compris par la population, c'est que les professeurs travaillent beaucoup moins que ce qu'ils devraient faire. [...] Ce n'est pas parce qu'un professeur n'enseigne pas un cours qu'il ne fait rien. C'est parce qu'il fait autre chose qui fait partie de son travail de professeur», a commenté hier la présidente du SPUQ, Michèle Nevert.

Il semble que les premières versions du plan de redressement aient toutes mentionné cette situation, marquant ainsi une certaine volonté de revoir les façons de faire et les raisons qui justifient les dégrèvements accordés aux professeurs. Si cette voie est empruntée, il pourrait y avoir des répercussions pour les chargés de cours qui ne bénéficient pas de la permanence des professeurs.

Le président du Syndicat des chargés de cours de l'UQAM (SCCUQ), Guy Dufresne, croit plutôt que «la consolidation du travail des enseignants permanents pourrait être compensée par un gel relatif de l'embauche des enseignants à statut précaire». «Toute la souplesse de l'enseignement universitaire repose sur les chargés de cours. On coûte moins cher que des professeurs. Il est clair que les chargés de cours ont leur place dans ce qu'est l'UQAM pour assurer la formation des étudiants», soutient M. Dufresne.

La convention collective vient à échéance le 31 décembre, mais des négociations pourraient être entamées très prochainement, estime le président du SCCUQ. «Le plan de redressement de l'UQAM implique que le budget des prochaines années sera ficelé aux différentes conventions collectives», souligne-t-il.

Le 30 janvier, le comité des sages formé à la demande de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, formulera ses recommandations sur les mesures à adopter afin que l'UQAM voie la lumière au bout du tunnel.
1 commentaire
  • Yvon - Inscrit 8 janvier 2008 08 h 45

    Il y a d'autres universités.

    Il serait bon de conseiller les nouveaux étudiants d'aller à McGill ou l'Université de Monttréal ou Concodia ou ailleurs au vu de ces dérapages et de cete faillite. Comment étudier sainement avec ces difficultés majeures qu'éprouvent l'UQAM. Du jour au lendemain vousrisquez de vous entendre dire que votre cours est supprimé.