Les étudiants en grève - Nouvel affrontement étudiants-policiers

L’intervention musclée des policiers, à coups de matraques et de poivre de Cayenne, pour expulser les étudiants qui s’étaient barricadés dans le Cégep du Vieux-Montréal dans la nuit de mardi à hier, a été suivie d’une manifestation symbol
Photo: L’intervention musclée des policiers, à coups de matraques et de poivre de Cayenne, pour expulser les étudiants qui s’étaient barricadés dans le Cégep du Vieux-Montréal dans la nuit de mardi à hier, a été suivie d’une manifestation symbol

Altercation avec les policiers de nuit et manifestation pacifique de jour... La grève étudiante aux deux visages s'est poursuivie hier, avec un violent affrontement entre des grévistes qui occupaient le Cégep du Vieux-Montréal et l'escouade anti-émeute dans la nuit de mardi à hier, suivie d'une manifestation artistique à l'allure festive en après-midi hier.

Quelque 250 étudiants ont déambulé hier après-midi dans le centre-ville avec 64 cubes, qu'ils ont empilés pour former un immense cube sur l'esplanade de la Place des Arts, sous l'oeil bienveillant du sculpteur Armand Vaillancourt. La manifestation d'inspiration créative était néanmoins teintée par les échauffourées de la nuit précédente; elle s'est d'ailleurs terminée devant le Cégep du Vieux-Montréal (CVM), entraînant l'annulation du point de presse de la direction.

Une occupation, non autorisée par le cégep, s'est terminée dans la nuit de mardi à hier par l'arrestation de 102 étudiants, accusés notamment de voie de fait, de méfait public et d'agression armée. «Les étudiants ayant refusé de quitter les lieux, le collège n'avait plus d'autre choix que de faire intervenir le Service de police de la Ville de Montréal», a déclaré par voie de communiqué le directeur général, Jacques Roussil.

Les étudiants étaient encore outrés hier de la vigueur de l'intervention policière, estimant avoir été carrément pris en «souricière» par l'escouade anti-émeute. «Il y a des gens qui arrivent tout juste du secondaire, qui ont des valeurs, des revendications et veulent les défendre et on leur tape dessus», a dénoncé un porte-parole de l'association étudiante, Julien Neveu-Villeneuve. Le syndicat des enseignants du CVM a lui aussi décrié l'intervention policière, estimant que cela «va à l'encontre [du] projet éducatif, qui prône une approche humaniste et citoyenne face aux enjeux sociaux».

Une manifestation a été organisée vers 23h hier par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) pour dénoncer la brutalité policière et le fait que les administrations d'établissement soient aussi promptes à faire intervenir les forces de l'ordre.

Lundi, c'est la direction de l'Université du Québec à Montréal qui avait fait appel à la police pour expulser des étudiants. Par crainte d'autres perturbations, l'UQAM a d'ailleurs fait savoir qu'elle annulait la journée portes ouvertes prévue en fin de semaine.

Manifestation nationale

Une autre manifestation, attirant cette fois des étudiants des quatre coins du Québec, se tiendra cet après-midi à Montréal, à l'invitation de l'ASSE. Pour l'occasion, 10 cégeps ont voté la grève, en plus de quelque 3000 étudiants de l'Université Laval et des 20 000 de l'UQAM.

Hier, cinq cégeps étaient officiellement en grève, mais cela s'est concrétisé par un arrêt complet des cours seulement au Cégep du Vieux-Montréal et à celui de Drummondville.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est restée impassible devant l'agitation étudiante, affirmant cependant préférer voir les étudiants en classe plutôt qu'en grève. «Ça demeure encore une augmentation de droits extrêmement raisonnable. Nous avons bonifié l'aide financière aux étudiants pour justement nous assurer de l'accessibilité [...] Je vous rappelle surtout qu'on est la province dont les droits de scolarité sont les plus bas au Canada.»

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Avec La Presse canadienne

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