La TELUQ et l'UQAM signent un projet d'alliance

Les directions de la Télé-Université et de l'Université du Québec à Montréal ont convenu d'une entente préconisant le rattachement des deux institutions d'ici la mi-avril 2003. L'approbation des conseils d'administration respectifs de ces institutions est toutefois capital pour sceller l'entente et le cadre juridique qui s'y rattachera.

Voilà ce que révèle cette proposition d'entente dont Le Devoir a obtenu copie et à laquelle sont parvenues les deux directions des établissements ces derniers jours. La directrice générale de la TELUQ, Anne Marrec, et le recteur de l'UQAM, Roch Denis, ont tous deux signé ce document qui évoque un «rattachement» des deux universités et les modalités de ce mariage.

L'adoption du canevas de l'alliance par les conseils d'administration de chacun des établissements est toutefois nécessaire pour permettre l'envol de la proposition. Des rencontres seraient prévues la semaine prochaine de part et d'autre pour obtenir l'aval des conseils.

La proposition recommande notamment «de mettre sur pied des comités paritaires qui devront, à l'intérieur de l'échéancier du 15 avril 2003, définir les modalités administratives et financières de l'alliance TELUQ-UQAM sur la base du projet académique».

On y évoque aussi la possibilité pour deux personnes de chacune des institutions de siéger à la commission des études et au conseil d'administration de l'autre établissement dès que les conseils d'administration auront donné leur feu vert au projet. Un «plan de travail conjoint sur lequel les personnels des deux établissements vont collaborer tout en respectant les conventions collectives et les conditions de travail qui leur sont applicables» doit également être conçu.

Les comités devront plancher sur une «stratégie de recherche», des «stratégies efficaces de recrutement des étudiants en offrant les deux modes de formation», l'examen des technologies utilisées dans chacun des établissements et «un plan de communication commun évolutif».

Point capital: les deux universités s'engagent à «établir avec les établissements du réseau de l'UQ une convention de partenariat permettant d'assurer le développement du télé-enseignement dans l'ensemble du réseau». L'entente prévoit aussi la demande de «financement approprié pour supporter cette alliance» auprès du ministère de l'Éducation.

«Sur la base des conclusions favorables de ces travaux, les instances vont convenir du cadre juridique approprié de mise en oeuvre du rattachement TELUQ-UQAM», conclut le document, une des clefs de voûte de cette fusion dont on parle depuis environ un an.

Interrogé hier sur le contenu de cette entente, le recteur Roch Denis a affirmé que cette proposition est «positive pour le rattachement TELUQ-UQAM», reportant ses plus amples commentaires lorsque les conseils d'administration se seront prononcés. «Ce que je trouve le plus positif dans cette entente, c'est ce qu'elle promet et ce qu'elle permet d'entrevoir pour le rayonnement international universitaire québécois et le développement du télé-enseignement en faveur des régions», a-t-il ajouté.

Les difficultés des semaines passées sont «aplanies», a affirmé le recteur. «Il n'est pas question que cette reconfiguration institutionnelle puisse servir de quelque façon que ce soit à dépouiller les établissements en région. Au contraire, il faut qu'ils puissent se développer au maximum.»

La directrice générale de la TELUQ, Anne Marrec, croit quant à elle que la proposition d'entente est une «démarche» qui vise à déterminer «les valeurs ajoutées» issues d'un rapprochement entre les deux universités. Cette entente est toutefois à mille lieues du projet de fusion qui lui a été présenté le 29 septembre dernier par Pierre Lucier, président de l'Université du Québec, et le recteur de l'UQAM, Roch Denis. «Ce qui m'a été proposé, c'était une OPA pilotée par le président de l'Université du Québec. J'ai dit non. Cette idée-là, à mon point de vue, elle a disparu», a affirmé Mme Marrec, interrogée hier.

Ainsi, au terme de la démarche actuelle, la TELUQ conservera ses lettres patentes, a affirmé la directrice générale. «La Télé-Université, c'est une université», a-t-elle réaffirmé. Après la conclusion de l'entente avec l'UQAM, la TELUQ projette de signer des ententes de collaboration semblables avec d'autres composantes de l'UQ, voire avec les autres universités québécoises.

Mais pour que l'entente avec l'UQAM fonctionne, il faut qu'elle corresponde à des «possibilités d'expansion» pour la TELUQ. «Si ce n'est pas garanti au départ», elle ne servirait à rien, a dit Mme Marrec. Cette expansion devra s'accompagner d'un financement supplémentaire de la TELUQ, versé par le ministère, qui pourrait être de l'ordre de cinq millions par année pour la collaboration avec l'UQAM et de cinq millions également pour d'éventuels partenariats entre la TELUQ et les autres composantes de l'UQ en région.