L'Université de Sherbrooke veut construire son campus à Longueuil

Davantage de visibilité et la reconnaissance comme cinquième université de la métropole, s'il vous plaît! Voilà ce que réclame le recteur de l'Université de Sherbrooke, qui songe non seulement à la station de métro «Longueuil-Université de Sherbrooke» mais aussi à des développements immobiliers sur la rive sud.

L'Université de Sherbrooke a le vent dans les voiles: la «cinquième université de Montréal», trop à l'étroit dans les bâtiments qu'elle loue à Longueuil, veut faire construire un nouvel édifice près du métro «Longueuil-Université de Sherbrooke».

Désireux d'accroître sa visibilité et de doter son établissement du titre d'université de la métropole — au même titre que les McGill, Concordia, Université de Montréal et UQAM —, le recteur de l'Université de Sherbrooke (UdeS), Bruno-Marie Béchard, mise désormais sur de nouveaux bâtiments à construire près de la seule station de métro de Longueuil, a-t-il expliqué hier au Devoir.

«On travaille à des développements immobiliers importants à Longueuil, à la station de métro mais aussi autour de notre centre hospitalier affilié, l'hôpital Charles-Lemoyne», a expliqué le recteur, dont le tiers de la communauté universitaire est basé à Longueuil. «Pour satisfaire à la demande, il faut de nouvelles installations physiques», a-t-il ajouté, précisant que les 8000 étudiants et 2000 professeurs sont «très à l'étroit» dans les locaux du Complexe Saint-Charles.

Trois projets de construction différents sont à l'étude, de même que la possibilité de louer plus d'espace dans les environs de la station de métro. «On n'a pas encore tranché, mais ce sera fait rapidement», a expliqué M. Béchard, qui trouve contraignant le fait que le Complexe Saint-Charles ne permette pas l'affichage extérieur.

Ce projet de construction survient au moment où la décision récente de la Société de transport de Montréal (STM) de renommer la station de métro Longueuil irrite les recteurs de l'UQAM, Roch Denis, et de l'Université de Montréal, Robert Lacroix.

Dans une lettre expédiée la semaine dernière à la directrice générale intérimaire de la STM, Francine Gauthier, les recteurs des deux universités montréalaises, qui ont aussi pignon sur rue à Longueuil, demandent à la STM de revoir sa décision, qu'ils jugent «source de confusion» et «cavalière».

Les recteurs montréalais insistent sur le fait que leurs deux établissements ont aussi des locaux au Complexe Saint-Charles, à Longueuil, voisins plus qu'immédiats de l'antenne de l'Université de Sherbrooke. Le recteur de l'UQAM a aussi écrit à M. Béchard, lui exprimant son étonnement devant cette demande individuelle alors que l'UQAM et l'UdeS sont engagés dans des projets communs à Longueuil. «Cette décision reflète mal l'esprit de partenariat universitaire déjà en oeuvre à Longueuil entre nos deux établissements», écrit Roch Denis.

«J'avoue que le tumulte que tout ça génère m'étonne un peu, et j'arrive encore mal à le comprendre», a rétorqué Bruno-Marie Béchard, qui doit voir ses homologues cette semaine et souhaite dissiper leurs craintes. «Je ne dis pas que Longueuil est mon territoire! Je dis que les Montréalais et les Longueuillois ne savent pas qu'il y a une cinquième université à Montréal. Bon Dieu! C'est un atout phénoménal, et il faut que ça se sache!»

Le recteur réfute le statut territorial qu'on veut accoler aux universités, qu'il préfère voir comme des établissements nationaux. «Chacun des quatre établissements de Montréal a sa station de métro pour l'identifier auprès de la population. Pourquoi pas le cinquième, et à Longueuil?»