Fusion TELUQ-UQAM - Les professeurs s'inquiètent du peu de progrès dans les négociations

Où en est le projet de fusion entre la Télé-Université et l'Université du Québec à Montréal (UQAM)? Dénonçant le silence apparent de la direction de la TELUQ à ce propos, et pressentant l'impasse, les professeurs mettent le pied dans la ronde des moyens de pression.

L'intention de rattachement entre l'UQAM et la TELUQ, dont le siège social est à Québec, a peut-être été présentée initialement comme un projet rassembleur, mais, pour l'heure, elle divise plutôt les troupes.

Favorable à ce projet d'annexion de la TELUQ à l'UQAM, le syndicat des professeurs de la Télé-Université (SPPTU), qui compte une quarantaine de membres, a résolu en effet, le 21 novembre dernier, de «prendre tous les moyens appropriés pour dénouer la crise ayant mené à l'impasse des négociations» avec l'UQAM, tel qu'il l'indiquait hier par voie de communiqué.

Son premier geste aura été de suspendre, depuis deux semaines, la participation des professeurs aux structures administratives de la TELUQ, en maintenant toutefois les services directs aux étudiants.

«Nous avons l'impression que le projet a été mis sur la glace», dénonce le président du SPPTU, André-Jacques Deschênes. La direction de la TELUQ, qui a refusé de se prononcer hier et a reporté ses commentaires à aujourd'hui, a déjà manifesté d'importantes réserves quant au projet de «rattachement» des deux constituantes du réseau de l'Université du Québec.

Joint hier, le recteur de l'UQAM, Roch Denis, confirme que les pourparlers sont toujours en cours entre les deux parties, et qu'il n'y a pas «impasse» mais «difficultés». Une rencontre avec la directrice générale de la TELUQ, Anne Marrec, est prévue dès cette semaine. «Ce n'est pas l'impasse, je discute toujours avec Mme Marrec et j'ai espoir que nous pourrons aboutir à une proposition conjointe», a-t-il expliqué.

Si les professeurs vantent l'intention de développement de la formation à distance qu'ils voient derrière le projet, la direction semble y percevoir plutôt une menace pour les activités de la TELUQ et un transfert de sa clientèle au profit de l'UQAM. Certains voient aussi dans ce projet la mort lente mais assurée du siège social de la TELUQ à Québec.

Quant à lui, le syndicat reproche à la direction de la TELUQ de laisser planer le doute quant à son appréciation d'un rapport sur «les impacts académiques» de la fusion, préparé par un comité conjoint UQAM-TELUQ. Au dire des professeurs, ce rapport n'a pas reçu l'aval du conseil d'administration de la TELUQ, malgré l'imprimatur de la Commission des études, ce qui a incité le SPPTU à manifester son mécontentement.